Société

Orléans choisit une métisse pour incarner Jeanne d’Arc

Mathilde Edey Gamassou incarnera Jeanne d’Arc cette année lors des 589e Fêtes johanniques. Ici, entourée d'Oscar et Antoine, ses deux "pages". © Association Orléans Jeanne d'Arc

Mathilde Edey Gamassou, d'ascendance béninoise, a été choisie pour incarner l'héroïne française Jeanne d’Arc lors des 589e Fêtes johanniques, qui se dérouleront du 29 avril au 8 mai à Orléans, dans le centre de la France. Face aux critiques de certains internautes, l'organisation de l'événement affirme que « l'excellence n’a pas de couleur de peau ».

Incontournable rendez-vous à Orléans (Centre-Val de Loire), les Fêtes johanniques ont été créées afin de fêter la délivrance par Jeanne d’Arc et son armée, le 8 mai 1429, de cette ville assiégée par les Anglais durant la Guerre de Cent Ans.

Depuis 1945, un jury constitué par l’association Orléans Jeanne d’Arc désigne une jeune femme pour incarner la « Pucelle d’Orléans » lors de ces célébrations. Cette année, c’est Mathilde Edey Gamassou qui a été choisie.

Un cadeau d’anniversaire en avance pour la jeune métisse, qui fêtait hier ses 17 ans. Sélectionnée parmi 13 candidates, cette lycéenne en classe de première littéraire vit à Orléans depuis 2003. Née à Paris, aînée d’une famille de cinq enfants, Mathilde est d’origine polonaise par sa mère, et béninoise par son grand-père.

Un choix critiqué sur les réseaux sociaux

Une ascendance remarquée sur la toile, non sans amusement, en référence à l’hommage à Jeanne d’Arc célébré depuis 1979 par le Front national, parti français d’extrême droite.

La présidente de l’association Orléans Jeanne d’Arc, Bénédicte Baranger, mentionne pourtant que ce n’est pas ce qu’il faut retenir de cette désignation, rappelant les nombreuses qualités de la jeune femme qui ont mené à sa désignation. Et d’ajouter que « l’excellence n’a pas de couleur de peau ».

Une jeune femme « superbe »

Engagée auprès de différentes associations, comme les guides et scouts d’Europe et « Sainte Jeanne d’Arc hier, aujourd’hui et demain », la jeune femme ne néglige pas pour autant ses passions : l’escrime et le chant lyrique.

Concernant le choix, « toujours délicat », de la jeune femme devant incarner Jeanne d’Arc chaque année, Bénédicte Baranger invoque le « secret des débats », tout en rappelant que les candidates « sont toutes superbes ». Il y a cependant des critères immuables, que l’association a cru bon de rappeler face aux réactions désobligeantes de certains internautes.

La présidente estime par ailleurs que les racines béninoises de Mathilde, tout autant que ses origines polonaises, « portent les valeurs de Jeanne d’Arc au-delà du simple microcosme orléanais ».

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