Télécoms

Maroc Telecom améliore sa performance financière grâce à ses filiales subsahariennes

Le siège de Maroc Telecom à Rabat en mars 2017. © Vincent Fournier/Jeune Afrique-REA

En perte de vitesse au Maroc, avec un chiffre d’affaire en baisse de 3,6 %, le résultat net de Maroc Telecom a progressé de 4,4 % en 2017 grâce au dynamisme des activités panafricaines du groupe.

L’opérateur historique du royaume, Maroc Telecom (IAM), est l’une des premières entreprises marocaines à rendre public ses résultats financiers 2017. En dépit d’un chiffre d’affaire en recul de 0,8% à 34,9 milliards de dirhams (environ 3 milliards d’euros), le résultat net a progressé de 4,4 % pour atteindre 5,8 milliards de dirhams, principalement en raison du dynamisme des activités panafricaines du groupe. Il sera entièrement distribué aux actionnaires, à hauteur de 6,48 dirhams par action.

Au Maroc, chute du chiffre d’affaire de 3,6 %

Au Maroc, le chiffre d’affaire de l’entreprise a chuté de 3,6 %, atteignant 20,4 milliards de dirhams. Le segment mobile a reculé de 5,5 %, pour s’établir à 13,4 milliards de dirhams. Le groupe justifie cette baisse par la libéralisation de la voix sur IP (la VoIP, « Voice over IP », qui permet de téléphoner via des applications comme Whatsapp, Skype, Facebook Messenger, etc.) depuis fin 2016 par les autorités marocaines après un blocage de quelques mois.

« C’est vraiment audacieux de venir dire aujourd’hui que la VoIP impacte le chiffre d’affaires du Maroc Telecom, alors que Abdeslam Ahizoune, le président, avait lui-même dit que les retombées sont insignifiantes au moment du blocage en 2016 », indique un analyste financier qui s’intéresse au secteur des télécommunications.

On arrivera à un moment où internet sera l’unique moteur de croissance

Les activités fixes et internet résistent mieux, en hausse de 1,5 % à 8,9 milliards de dirhams. « La contribution du mobile dans le chiffre d’affaires du groupe baisse année après année à cause du basculement dans les habitudes de consommation des marocains et particulièrement chez les jeunes. On arrivera à un moment où internet sera l’unique moteur de croissance et IAM doit travailler sur ce chantier pour limiter la casse. » prévoit notre interlocuteur.

Hausse du chiffre d’affaire panafricain de 2,7 %

En revanche, les activités du groupe à l’international ont enregistré une hausse de leur chiffre d’affaire de 2,7 %, pour atteindre 15,7 milliards de dirham.

« L’intégration des nouvelles filiales en Côte d’Ivoire, au Bénin, au Togo, au Niger et en Centrafrique dans le périmètre de consolidation du groupe a fait beaucoup de bien à ses comptes. L’autre bonne nouvelle, c’est la contribution de l’international dans le chiffre d’affaires global qui a atteint 45 % en 2017, contre 43 % une année auparavant. » remarque notre analyste.

Grâce à ces nouvelles implantations, le nombre de clients IAM a fortement augmenté pour atteindre 57 millions à la fin décembre 2017, dont 62% en dehors du Maroc.

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