Communication & Médias

Télévision – Côte d’Ivoire : 2018, l’année des lancements pour Canal +

David Mignot, directeur général de Canal + Afrique. À Paris, le 11 octobre 2013. © Vincent Fournier/Jeune Afrique

Le programme est chargé pour Canal + en Côte d'Ivoire : cette année, le groupe veut lancer à la fois une chaîne de divertissement gratuite sur la TNT et le bouquet « Easy TV », sur la TNT payante.

Sur les 15,6 millions d’abonnés à Canal, près de 3,5 sont des Africains, selon les chiffres présentés à la presse par les dirigeants de Canal + International ce 19 février. Pour David Mignot, directeur Afrique du groupe, si le nombre d’abonnés africains aux bouquets payants Canal + a pu être multiplié par cinq en cinq ans, c’est d’abord grâce au changement de stratégie du groupe, en 2010.

Marché endogène

« Avant cette date, l’Afrique était vue avant tout comme un marché d’exportation. En 2010, on s’est mis à le considérer comme un marché endogène : on a lancé un satellite dédié pour une meilleure couverture du continent, créé un décodeur peu onéreux mais plus résistant aux variations de tension électrique et au piratage, multiplié nos filiales et notre réseau de distribution physique, tout en nous adaptant aux modes de règlements prépayés, notamment via le mobile-money », énumère-t-il.

Ces changements technologiques vont nécessairement se poursuivre, notamment avec le déploiement progressif de la TNT. « Nous avons déjà une plateforme payante de chaînes qui passe par la TNT : Easy TV. Elle est actuellement déployée dans trois villes de RDC et dans deux villes de la République du Congo », précise le patron Afrique du Groupe.

Coentreprise avec Orange

Prochaine étape : le lancement courant 2018 d’Easy TV en Côte d’Ivoire, via une coentreprise avec Orange. Une première pour Canal, « même si on travaille avec eux depuis des années, notamment sur le volet paiement par mobile », a précisé Jacques du Puy, président de Canal + international.

Autre projet ivoirien pour 2018 – et autre première pour le groupe : le lancement d’une chaîne gratuite. Canal + a en effet obtenu, via la Société audiovisuelle de Côte d’ivoire (SACI), une autorisation à émettre depuis le futur réseau. Les dirigeants du groupe n’ont voulu dévoiler ni le nom de la future chaîne, ni ses programmes, mais ont précisé qu’il s’agirait d’une chaîne « de divertissement ».

Cette chaîne s’ajoutera aux deux canaux nationaux, ainsi qu’à Life TV, la future chaîne lancée conjointement par Fabrice Sawegnonet et M6, à TV7, portée par Jean-Philippe Kaboré, qui devrait proposer de l’information en continu, ou encore à la chaîne généraliste que compte lancer Cheikh Yvhane, déjà détenteur de la radio Nostalgie.

Reste à savoir si la TNT, dont le chantier ne cesse d’accumuler les retards, sera bien déployée en 2018. « Cela ne dépend pas de nous : la société publique qui doit encadrer la migration n’est pas encore en place », glisse Jacques du Puy.

Objectif : 8 millions d’abonnés en 2020

Au-delà de la côte d’Ivoire, les dirigeants de Canal + ont dévoilé les ambitions de leur actionnaire Vincent Bolloré pour l’Afrique : l’équipement de 50 % des foyers électrifiés d’ici 2020 – soit 8 millions d’abonnements. « Cet objectif est à la fois ambitieux et réaliste », commente Jacques du Puy, insistant sur l’importance pour le groupe d’atteindre une « masse critique ».

La pénétration de Canal + sur le continent est en effet perçue comme un bon moyen de déployer les autres activités du groupes Vivendi, des salles de spectacle CanalOlympia au label Island Africa, en passant par la plateforme de SVOD Iroko+.

Parmi les chantiers africains du groupe figure en outre la structuration du marché publicitaire télévisuel, encore très faible (« de l’ordre de 100 millions d’euros pour l’ensemble de l’Afrique francophone »), et l’exploitation du catalogue « maison » – « le groupe a tourné 1 200 heures de programmes, mais ces contenus circulent peu », précise David Mignot.

Interrogés sur leur absence du Maghreb, malgré plusieurs tentatives, les dirigeants du groupe ont précisé que même « s’il ne s’agit pas d’un abandon définitif du dossier », il était impossible pour eux de revenir en Afrique du Nord « tant que les pratiques actuelles de piratage ne sont pas jugulées ».

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