Politique

Afrique du Sud : Jacob Zuma, Thabo Mbeki et Cyril Ramaphosa, quand l’histoire se répète

Jacob Zuma , l'ancien président sud africain © WALDO SWIEGERS/AP/SIPA

La démission de Jacob Zuma n'est pas une première, en Afrique du Sud. Il y a dix ans, le président aujourd’hui déchu est lui-même devenu chef de l’État après avoir poussé son prédécesseur Thabo Mbeki à la porte de l'ANC, et du pouvoir.

A l’heure où Cyril Ramaphosa prend les rênes de l’Afrique du Sud, la sortie de Jacob Zuma laisse une impression de « déjà vu ». En décembre 2007, c’est lui qui a chassé Thabo Mbeki du pouvoir. Et le scénario d’alors était quasi identique à celui qui s’est joué ces derniers jours.

A l’époque, le président Mbeki, qui avait remplacé Nelson Mandela à la tête du pays lors de son départ en retraite politique en 1999, est au milieu de son second mandat. Pendant toute l’année 2007, le bras de fer que se jouent Zuma et Mbeki au sein de l’ANC monte en puissance.

Lors d’un congrès de l’ANC, en décembre, Zuma prend la tête du parti, après avoir été limogé de son poste de vice-président par Mbeki, suite à une inculpation dans une affaire de pots-de-vin dans un contrat d’armement avec l’entreprise française Thales. Dix ans plus tard, c’est Ramaphosa qui ravira la tête de l’ANC, battant le clan Zuma.

Mbeki révoqué

L’année suivante, au mois de septembre, le NEC, le Comité national exécutif de l’ANC, révoque Thabo Mbeki. La direction du parti lui reproche d’avoir instrumentalisé la justice pour faire barrage à son rival… Jacob Zuma. Soumis au même ultimatum que celui face auquel a cédé dix ans plus tard son adversaire d’alors, Mbeki n’a d’autre choix que d’abandonner la présidence pour éviter un vote de défiance au Parlement.

Dans les jours qui suivent, l’inculpation de Jacob Zuma dans l’affaire des présumés pots-de-vin est annulée. Argument avancé par le juge : il y a eu « ingérences politiques ». Le 6 mai 2008, Zuma devient président de la République après la victoire spectaculaire de son parti aux élections générales.

Par une surprenante répétition de l’histoire, à un an des prochaines élections, l’ANC s’est à nouveau débarrassée d’un président dont l’image déplorable au sein de l’opinion publique risquait de mettre à mal le parti.

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