Afrique du Sud : la présidence de Jacob Zuma en 12 dates-clés

Jacob Zuma, fraîchement élu président sud africain, prête serment le 9 mai 2009. © Themba Hadebe/AP/SIPA

Le bras de fer a pris fin ce mercredi 14 février. Le président sud-africain Jacob Zuma a annoncé sa démission après des semaines de tractations au sein de l'ANC. La fin d'un feuilleton de neuf ans, marqué par plusieurs scandales de corruption et une fragmentation importante du parti. Retour sur les 12 épisodes importants de sa carrière politique.

« J’ai décidé de démissionner du poste de président de la République avec effet immédiat, même si je suis en désaccord avec la direction de mon organisation », a annoncé Jacob Zuma ce mercredi 14 février, lors d’un discours d’adieu retransmis à la télévision.

Depuis son élection à la tête du parti ANC en décembre dernier, le vice-président du pays, Cyril Ramaphosa, tentait d’obtenir le départ du président Zuma. Un souhait mais surtout une nécessité pour ce parti, miné par les affaires de corruption ces dernières années. Des scandales largement attribués au désormais ex-président sud-africain, élu pour la première fois en 2009 puis réélu en 2014.

Retour sur les moments-clés des deux mandats de Jacob Zuma :

  • 18 décembre 2007

Jacob Zuma est élu à la tête du Congrès national africain (ANC), face au président sud-africain Thabo Mbeki. Avec le soutien de l’aile gauche du parti et des responsables syndicaux, il obtient 60 % des voix. Il incarne alors les espoirs des plus pauvres. « C’est un homme du peuple », résume à l’époque Sdumo Dlamini, le chef de la Cosatu, la plus grande centrale syndicale du pays.

Le premier président sud-africain zoulou

Moins d’un an plus tard, en septembre 2008, il obtient la mise à l’écart de Thabo Mbeki, dont le mandat à la tête du pays courait jusqu’en 2009. Une revanche pour Zuma, qui avait lui-même été évincé de l’ANC en 2005 par le président Mbeki, pour des accusations de corruption dans une affaire de vente d’armes.

Jacob Zuma , l’ancien président sud africain © WALDO SWIEGERS/AP/SIPA

  • 6 mai 2009

Jacob Zuma est élu président de la République, après la victoire de son parti aux élections générales. Il devient le premier président sud-africain zoulou.

  • 30 avril 2013

Un avion des Gupta, une influente famille d’hommes d’affaires d’origine indienne, est autorisé par le gouvernement sud-africain à atterrir sur une base militaire à l’occasion d’un mariage. Plusieurs ministres font partie des invités de cette famille proche de Jacob Zuma.


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Le scandale fait beaucoup de bruit. Huit mois plus tard, le président sud-africain est hué lors de la cérémonie pour les funérailles de Nelson Mandela.

L’homme d’affaires Atul Gupta (centre), et le président sud-africain Jacob Zuma (à gauche) à à une réception organisée par le quotidien New Age, le 16 mars 2012. © GovernmentZA/Flickr

  • Mars 2014

Un rapport de la médiatrice de la République, Thuli Madonsela, chargée de veiller à la bonne gestion des fonds publics, établit que des travaux ont été réalisés aux frais du contribuable dans la résidence de la famille Zuma à Nkandla, dans l’Est.

Jacob Zuma finira par rembourser la somme de 7,8 millions de rands

Le président sud-africain est sommé de rembourser l’amphithéâtre, le poulailler, la piscine et les travaux de sécurité de sa résidence privée, payés par les contribuables.

  • 21 mai 2014

Malgré une impopularité croissante, Jacob Zuma est réélu par les députés à la tête du pays pour un second mandat, après une nouvelle victoire de l’ANC aux élections générales. Un scrutin marqué par la progression de l’Alliance démocratique, le principal parti d’opposition.

  • 31 mars 2016

La Cour constitutionnelle le reconnaît coupable d’avoir violé la loi fondamentale du pays en utilisant des fonds publics pour rénover sa résidence privée de Nkandla. Jacob Zuma finira par rembourser la somme de 7,8 millions de rands (environ 500 000 euros).

En août 2016, l’ANC réalise son plus mauvais score aux municipales

  • Août 2016

Revers historique pour l’ANC, qui réalise aux municipales son plus mauvais score national depuis l’avènement de la démocratie en 1994. Le parti perd notamment la ville de Port Elizabeth au profit de l’Alliance démocratique.

  • Novembre 2016

L’ANC est plus divisée que jamais, d’autant qu’un nouveau rapport de la médiatrice de la République révèle l’influence exercée sur le gouvernement par la richissime famille Gupta, avec la complicité de Jacob Zuma.

À la tête d’un puissant empire industriel et médiatique, les Gupta usent notamment de leur influence sur les choix de ministres, comme en décembre 2015, lorsqu’ils poussent au limogeage de la ministres des Finances Nhlanhla Nene.

  • 30 mars 2017

Jacob Zuma limoge un autre ministre des Finances, son adversaire Pravin Gordhan, déclenchant une guerre ouverte à l’ANC. Des dizaines de milliers de personnes manifestent dans les rues en avril pour réclamer sa démission.

Des membres du Congrès national africain (ANC) manifestent à l’extérieur du siège du parti à Johannesburg, pour réclamer le départ anticipé du président Jacob Zuma, le 5 février 2018. © Themba Hadebe/AP/SIPA

  • 8 août 2017

Le Parlement, largement composé de députés ANC, rejette une nouvelle motion de défiance visant le président Zuma, la quatrième depuis 2015. Mais, pour la première fois, des élus de l’ANC se déclarent favorables à une destitution.

  • 18 décembre 2017 

Cyril Ramaphosa, vice-président du pays, est élu à la tête de l’ANC avec 51,8 % des voix, à l’issue d’une campagne largement axée sur la lutte anti-corruption au sien du parti. Un scrutin serré au sein d’un parti divisé, qui voit cet ancien dirigeant syndical devancer Nkosazana Dlamini-Zuma, l’ex-femme du chef de l’État, accusée par une frange de l’ANC de vouloir protéger Jacob Zuma de poursuites judiciaires.


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La rumeur d’un scénario similaire à celui de la mise à l’écart de Thabo Mbeki en 2008 fait son chemin dans un ANC soucieux d’éviter un naufrage électoral aux élections de 2019.

  • 14 février 2017

Après des semaines de tractations pour faire partir Zuma, l’ANC ordonne le 13 février au chef de l’État de quitter ses fonctions. Sous la menace d’une motion de défiance déposée au Parlement, l’insubmersible Zuma démissionne le 14 février au soir, lors d’une allocution à la nation.

L’épilogue d’un feuilleton à rebondissement qui voit Cyril Ramaphosa prendre la tête du pays, à un peu plus d’un an des prochaines élections.

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