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Cet article est issu du dossier «Angola : le virage diplomatique de João Lourenço»

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Diplomatie

Sommet RDC-Congo-Angola : Joseph Kabila va demander l’aide de ses voisins pour les élections

Denis Sassou Nguesso, Joseph Kabila et João Lourenço, lors du sommet tripartite RDC-Congo-Angola le 14 février 2017 à Kinshasa. © DR / Présidence RDC

Le président congolais Joseph Kabila accueille ce mercredi à Kinshasa ses homologues du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, et de l'Angola, João Lourenço. Un sommet tripartite de 24 heures pour aborder des questions d'intérêt commun. Mais aussi du processus électoral en RDC.

C’est la toute première visite de João Lourenço à Kinshasa. Le nouveau président angolais est arrivé, le 14 février, dans la capitale congolaise pour prendre part au sommet tripartite entre son pays, la RDC et le Congo-Brazzaville. Le chef de l’État congolais, Denis Sassou Nguesso, a également fait le déplacement à bord d’un hélicoptère présidentiel qui a atterri directement au palais de la Nation.

Avant le début des travaux, les deux invités de marque ont eu « droit à des honneurs militaires », indique-t-on dans l’entourage du président Joseph Kabila, hôte du mini-sommet. Une tripartite qui s’inscrit dans le cadre des « réunions désormais régulières entre les trois États voisins, tient à préciser Barnabé Kikaya Bin Karubi, conseiller diplomatique du chef d’État congolais (RDC). La dernière remonte au 9 décembre 2017 à Brazzaville. »

La suite du mini-sommet de Brazza

Ce jour-là, les trois présidents avaient salué la publication du calendrier électoral en RDC, la qualifiant d’« avancée majeure » . L’élection du successeur de Joseph Kabila, dont le deuxième et dernier mandat constitutionnel est arrivé à terme le 19 décembre 2016, y est fixée au 23 décembre 2018. Au-delà des questions d’intérêt régional, les échanges au cours de ce mini-sommet seront ainsi axés sur l’évaluation du processus électoral en RDC.

Face à la réticence de la communauté internationale à soutenir le processus électoral, Kabila compte sur ses voisins.

Il est prévu une réunion à huis-clos entre les trois chefs d’État, au cours de laquelle Joseph Kabila devra faire le point du processus électoral en RDC : fin de l’enrôlement des électeurs, problématique du financement des opérations électorales à venir, contraintes sécuritaires et logistiques.

Face à la réticence de la communauté internationale à soutenir le processus électoral en cours sans instauration d’un climat politique apaisé, Joseph Kabila compte sur ses voisins. « En cas de besoin, comme lors des opérations électorales de 2011 lorsque l’Angola et le Congo-Brazzaville nous avaient prêté des hélicoptères, nous nous adresserons d’abord à nos amis », confirme Barnabé Kikaya Bin Karabu.

Crise en RDC, CIRGL et Sassou Nguesso

À l’initiative de cette rencontre en sa qualité de président en exercice de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), Denis Sassou Nguesso a déjà laissé transparaître sa position lors de la réunion informelle du 12 février au Conseil de sécurité de l’ONU. « La situation politique en RDC reste principalement dominée par la crise politique née des retards enregistrés dans la mise en oeuvre de certaines dispositions essentielles de l’accord du 31 décembre 2016 », avait indiqué son représentant aux Nations unies.

Ce compromis politique, conclu sous l’égide des évêques catholiques, prévoyait entre autres des mesures de décrispation politique, notamment la libération des prisonniers politiques et l’arrêt des poursuites à l’encontre des opposants contraints à l’exil. Certaines décisions ont été prises dans ce sens, reconnaît-on dans l’entourage du président Sassou Nguesso, encourageant le gouvernement de la RDC à poursuivre ses efforts en vue de réinstaurer la confiance entre acteurs politiques.

Sur le plan sécuritaire, il y a deux mois à Brazzaville, trois chefs d’État étaient sur la même ligne. Denis Sassou Nguesso, Joseph Kabila et João Lourenço appelaient alors la communauté internationale à considérer des rebelles ougandais des Forces démocratiques alliés (ADF) comme des « groupes terroristes » responsables, selon eux, des tueries à répétition dans le territoire de Beni, dans le nord-est de la RDC. Un positionnement bien tranché que ne partage cependant pas le groupe d’experts onusiens qui travaille notamment sur la question.

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