RDC – Rwanda : timide « reddition » des FDLR dans le Nord-Kivu

Un combattant FDLR dans l'est de la RDC. © Monusco

Au cours d'une cérémonie organisée vendredi à Baleusa, dans le Nord-Kivu, "une centaine de combattants FDLR" ont déposé les armes. Ce timide début de "reddition" ne suffit cependant pas à dissiper les doutes qui planent sur la volonté du groupe armé de cesser définitivement la lutte armée. Explications.

Les combattants des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) vont-ils réellement se rendre ? Depuis quelques semaines, la question de la reddition annoncée des combattants des FDLR, actifs dans l’est de la RDC, est au centre des discussions au sein de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Car cinq mois se sont écoulés depuis l’annonce, le 30 décembre, de leur intention de cesser la lutte armée.

"Le processus de reddition a été retardé parce que nous attendions les garanties de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC)", se justifie le "général-major" Victor Byiringiro, président intérimaire d’un groupe des FDLR, basé à Walikale, dans l’est de la RDC. C’est pourquoi, pour démontrer leur "bonne foi", "une centaine de combattants" ont quitté la brousse, le 30 mai, et se sont dirigés à Baleusa, dans le Nord-Kivu, pour déposer les armes. "C’est le début de notre reddition", affirme-t-il.

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Une démobilisation effective ?

Au total, "105 combattants FDLR se sont rendus au Nord-Kivu", a confirmé à Jeune Afrique Charly Kasereka, un journaliste basé à Goma qui a assisté à la cérémonie de reddition, en présence notamment des représentants de l’Union africaine (UA), de l’UE, de la SADC, des États-Unis et du gouvernement congolais. Officiellement "non invitée", la Monusco a dépêché tout de même ses experts sur place pour "constater l’effectivité de cette démobilisation".

Première fausse note, la cérémonie de reddition des FDLR dans la province voisine du Sud-Kivu aurait été annulée, selon plusieurs sources locales. "Pour nous, la démobilisation doit concerner l’ensemble des troupes et des commandants FDLR, civils et militaires", martèle un responsable de la Monusco, rappelant que "dans le cas contraire, la brigade d’intervention des Nations unies, en appui à l’armée congolaise, poursuivra la traque des FDLR."

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"Nous ne sommes pas concernés pas le programme de démobilisation de la Monusco, lui rétorque Victor Byiringiro. Nous allons donc continuer à nous rendre au fur et à mesure que nous aurons les garanties sécuritaires de la SADC. Notre objectif, c’est désormais de transformer notre groupe armé en mouvement politique." Pas sûr que Kigali l’entende de cette oreille. Pour les autorités rwandaises en effet, les FDLR constituent une "organisation terroriste".

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Par Trésor Kibangula