Vie des partis

Malawi : un mort dans des heurts en attendant les résultats de la présidentielle

Recompte des bulletins de vote à Blantyre, le 24 mai 2014. © AFP

L'élection présidentielle au Malawi n'en finit pas de mal tourner. Vendredi, des heurts ont éclaté à Mangochi et ont fait un mort, dans l'attente des résultats du scrutin du 20 mai qui pourrait confier le pouvoir à l'adversaire de l'actuelle chef de l'État.

Mis à jour à 17h50.

La tension est encore montée d’un cran, vendredi 30 mai, au Malawi. Des heurts ont ainsi éclaté, faisant un mort à Mangochi, dans l’Ouest, alors que les résultats du scrutin présidentiel du 20 mai sont attendus. Ceux-ci pourraient confier le pouvoir à l’adversaire de l’actuelle présidente, Joyce Banda.

Dénonçant des fraudes, cette dernière, au pouvoir depuis 2012, a tenté de faire annuler l’élection, que l’ancien ministre des Affaires étrangères Peter Mutharika devrait remporter avec 36% des voix, selon des résultats officieux.

Balles en caoutchouc et gaz lacrymogènes

Dans la petite ville de Mangochi, plusieurs dizaines de manifestants criant à la fraude ont érigé des barricades de pneus enflammés dans le township voisin, provoquant l’intervention de la police et un mort parmi les manifestants après des tirs de grenades lacrymogènes. "Il a été tué en ramassant une grenade pour la renvoyer sur nous et qui lui a explosé dans la main", a affirmé à l’AFP l’officier de police Elijah Kachikuwo.

Selon le journaliste local Ayamba Kandodo, la police a aussi tiré des balles en caoutchouc. À Blantyre, la capitale économique, des policiers en tenue anti-émeute avaient été déployés sur plusieurs artères stratégiques dès l’aube.

"Est-ce que les gens ont exprimé leur volonté? Oui."

L’entrée de la Haute Cour du Malawi était gardée par des policiers soumettant les visiteurs à un strict contrôle d’identité, a constaté un journaliste de l’AFP. Un juge doit dire avant la fin de la journée si les résultats du scrutin du 20 mai peuvent être annoncés immédiatement, malgré des irrégularités constatées dans une soixantaine de bureaux.

"C’est simple, nous respecterons l’ordre de la justice, quel qu’il soit", a annoncé jeudi soir le président de la commission électorale Maxon Mbendera. Dans un spectaculaire revirement, il a aussi indiqué qu’il ne voyait pas d’objections à publier dès ce vendredi les résultats. "Je peux aisément dire que cette élection a été libre et juste. Elle a été transparente, mais aussi crédible selon ma propre évaluation", a-t-il dit. "Est-ce que les gens ont exprimé leur volonté? Oui." Il a répété que la commission avait "trouvé des anomalies" mais pas de nature à altérer le résultat, "les incidents" concernant "seulement 1,03%" du scrutin.

Le même Maxon Mbendera avait annoncé lundi que la commission électorale prendrait un mois s’il le fallait pour rouvrir toutes les urnes et recompter tous les bulletins, donnant gain de cause à Joyce Banda qui dénonce des fraudes depuis une semaine. Le camp Mutharika a en revanche hâte de voir sa victoire confirmée.

Joyce Banda et Peter Mutharika sont de vieux adversaires. Il est soupçonné d’avoir intrigué en 2012 au décès de son frère, le président Bingu wa Mutharika, pour prendre le pouvoir, qui devait revenir selon la Constitution à Joyce Banda, alors vice-présidente. Il avait été inculpé de haute trahison. Le scrutin présidentiel connaît depuis le début d’énormes ratés dans l’organisation et le dépouillement. La situation évolue rapidement, au rythme des recours, ordres et contre-ordres.

(Avec AFP)
 

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