Politique

Cameroun : l’armée est toujours à la recherche du sous-préfet enlevé dans le Nord-Ouest

Des militaires camerounais. © Rebecca Blackwell BLACKWELL/AP/SIPA

L'armée camerounaise poursuit ce mardi son enquête dans la zone de Batibo, dans la région anglophone du Nord-Ouest, épicentre du mouvement séparatiste anglophone, où le sous-préfet local a été enlevé dimanche.

Deux jours après son enlèvement, le dimanche 11 février, les forces de sécurité sont toujours sans nouvelle de Marcel Namata Diteng, sous-préfet de Batibo, située dans la région anglophone du Nord-Ouest. « À ce stade nous ne pouvons pas commenter l’avancée des recherches, ni le dispositif mis en place », a précisé ce mardi 13 février le colonel Badjeck, porte-parole de l’armée camerounaise.

Le sous-préfet est porté disparu depuis dimanche matin, lorsque sa voiture a été retrouvée brûlée à Batibo, avant le défilé de la Fête de la jeunesse, qu’il devait présider et qui, de fait, a été annulée, a affirmé le député du Social Democratic Front (SDF) de Batibo présent sur place, Joseph Mbah-Ndam.

Les forces de sécurité sont actuellement toujours à la recherche de Marcel Namata Diteng.

Guerre sur les réseaux

Dimanche soir, le leader d’une branche armée du mouvement séparatiste en zone anglophone, l’Ambazonian Defence Forces (ADF), a affirmé sur les réseaux sociaux que ses éléments avaient « capturé » le sous-préfet.

« Vous tuez mon peuple, nous vous poursuivrons jusqu’aux portes de l’enfer », a posté Ayaba Lucas Cho, chef de l’un des groupes armés séparatistes qui s’est formé dans l’Ouest camerounais et qui entend « lutter contre le colon » camerounais.

De nombreux appels à « tuer le prisonnier » en représailles aux « exactions de l’armée coloniale » ont été postés dimanche et lundi sur les réseaux sociaux par des séparatistes.


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Les séparatistes, que Yaoundé qualifie de « terroristes », menaçaient depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux de troubler les célébrations du 11 février, date du référendum qui a réuni francophones et anglophones camerounais en 1961 et que Yaoundé a transformé en 1966 en « Fête de la jeunesse ».

Dans une vidéo publiée vendredi sur les réseaux, Sako Ikome Samuel, leader sécessionniste qui se présente comme « président par intérim » de l’Ambazonie – nom que les séparatistes entendent donner à leur État indépendant fictif – avait appelé à l’« auto-défense » contre l’armée camerounaise.

15 interpellations lundi

Depuis le transfert vers Yaoundé, fin janvier, des leaders séparatistes arrêtés au Nigeria, la tension ne cesse de monter dans la région anglophone camerounaise.

Le porte-parole de l’armée camerounaise a fait état d’un bilan de 23 assaillants tués par les forces de sécurité dimanche à Kembong (Sud-Ouest), dans l’attaque qui a coûté la vie à trois gendarmes camerounais. « Une quinzaine de terroristes » ont été interpellés lundi matin lors d’une « opération de ratissage » à Ekok, a-t-il ajouté.


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La région du Nord-Ouest est sous couvre-feu de 20 h à 06 h depuis vendredi 9 février. Une mesure annoncée par les autorités pour « contrecarrer des menaces d’attaques dans les localités du Nord-Ouest ».

Depuis le début de la crise anglophone en octobre 2016, 26 membres des forces de sécurité ont été tués par des séparatistes présumés en régions anglophones.

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