Entrepreneuriat : « Start IT Congo » veut faire le lien entre Kinshasa et la diaspora

Lors de l'édition 2017 de Start IT Congo. © DR / Start IT Congo

Vendredi 23 février s'ouvrira à Paris la deuxième édition des rencontres Start IT Congo, dont le but est de consolider les échanges économiques entre les entrepreneurs de RDC et le reste du monde, notamment la diaspora. Pour son initiateur, Jonathan Kiloso, il s'agit avant tout de faire circuler l'information et de favoriser les contacts.

Vendredi 23 février, le BPI Hub de Paris accueillera la deuxième édition des rencontres Start IT Congo, une rencontre entre entrepreneurs et influenceurs de la RDC et d’ailleurs. Haweya Mohamed, la directrice générale d’Afrobytes, Christian Kamayou, le patron de My African start-up, on encore Cédric Longange, président de la Chambre de commerce britannico-congolaise, s’exprimeront sur des sujets tels que l’impact social des entrepreneurs de la diaspora congolaise, l’écosystème numérique de la RDC ou encore les pièges à éviter pour lancer son entreprise à Kinshasa.

Rééditer le succès de l’édition 2017

Trois cents personnes sont attendues pour cette soirée, dont la première édition, en 2017 , avait rassemblé 250 participants, contre 80 attendus. « Il s’agissait à 60% de Congolais de la diaspora, mais il y avait des personnes de tous horizons et de tous secteurs, notamment des spécialistes de la finance et du marketing et des étudiants », précise Jonathan Kiloso, le président de l’association organisatrice.

À 32 ans, ce dernier a un pied à Paris, où il est né et où il a grandi, et un autre à Kinshasa, dont sa famille est originaire. Le jeune entrepreneur, qui a fondé en 2008 son entreprise de marketing en France, a en effet décidé en 2011 de dupliquer son modèle dans la capitale de la RDC. Une démarche qui n’a pas été « aussi difficile qu’il n’y paraît », assure-t-il.

L’environnement des affaires est loin d’être aussi défavorable que ce qu’on a tendance à penser

« Je suis peut-être un grand optimiste, mais je trouve que l’environnement des affaires est loin d’être aussi défavorable que ce qu’on a tendance à penser. C’est assez libre, il y a de la place pour les initiatives, même si le climat se durcit quand le volume de vos affaires augmente », commente-t-il, avant de se réjouir des progrès accomplis par le pays ces cinq dernières années.

« Une évolution essentielle, à mes yeux, a été la création du guichet unique pour la création d’entreprise. Avant, c’était incompréhensible ! Quand je suis arrivé, en 2011, j’ai dû faire appel à un cabinet d’avocats pour monter ma première société. Maintenant, la démarche est bien plus simple, et cela permet de lutter contre l’informel. Il y a aussi eu la création de l’Anapi, l’Agence nationale pour la promotion des investissements, qui peut donner des points de repère aux porteurs de projets. »

Mais ce qui l’a poussé à créer l’association Start IT Congo, c’est le manque de communication entre les différents acteurs économiques. « En France, il y a des organismes comme le Medef qui organisent régulièrement des événements pour permettre aux entrepreneurs de s’informer, mais aussi de se rencontrer et d’échanger. La RDC avait aussi besoin d’une structure pour fédérer les acteurs, car parfois, les informations sur le pays transitent par l’étranger avant d’arriver aux principaux intéressés », assure-t-il.

Bâtir des passerelles

Autre problème auquel peuvent se heurter les chefs d’entreprise : le coût des connexions internet, « tellement élevées qu’on peut acheter méga-octet par méga-octet », ajoute le jeune chef d’entreprise.

L’aventure Start IT Congo a donc commencé, en mai 2016, par un compte Twitter sur lequel il relève actualités et initiatives susceptibles d’intéresser les chefs d’entreprise. Avant de prendre de l’ampleur, recueillant notamment le soutien de l’accélérateur Inco, d’Afric’Innov ou encore de la chambre de commerce Suisse-RD Congo. Jonathan Kiloso envisage de monter, à côté du volet associatif de Start IT Congo, une société de conseil et d’événementiel, pour compléter son offre.

« Nous avons déjà commencé à proposer des actions en direction des étudiants, afin de bâtir des passerelles entre l’université, les écoles d’informatique et la vie professionnelle, et nous allons multiplier ce genre d’initiative, même si les rencontres Start-it Congo resteront notre grand-messe annuelle », indique le président de l’association.

L’autre rive

En mars, Start ITCongo lancera aussi son propre incubateur, ce qui va supposer l’embauche de 4 à 5 personnes. « Dans un premier temps, l’incubateur accueillera 10 start-up : quatre que nous accompagnons déjà depuis un moment, dans l’agriculture, les fintech (technologies de la finance) ou encore la livraison par véhicules électriques, et six pour lesquels un appel à projets sera lancé à l’issue des rencontres de février », poursuit Jonathan Kiloso.

Selon ce dernier, la moitié des 300 places disponibles ont déjà été réservées lors de l’ouverture, pendant quarante-huit heures, des pré-réservations, « sans même qu’on ait vraiment lancé de campagne de communication ». Un deuxième round de réservation vient d’ouvrir sur le site de l’association.

Viendra ensuite l’extension des activités – de l’association et de la future société – vers l’autre rive du fleuve Congo. « Nous avons déjà des intervenants du Congo-Brazzaville durant nos événements, et nous comptons être actifs sur place, ce qui est bien normal, les échanges entre les deux rives du fleuve sont naturels », conclut Jonathan Kiloso.

Déjà 200 000 inscrits


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