Gabon : le gouvernement va verser 310 milliards de FCFA pour régler les deux tiers de sa dette intérieure

Par Jeune Afrique

Le président gabonais Ali Bongo, à Paris, le 15 novembre 2015. © Diomande Ble Blonde/AP/SIPA

Un paiement de 310 milliards de francs CFA est attendu dans les prochaines semaines dans le cadre du règlement de la dette intérieure. Un plan de remboursement qui devrait dans un premier temps concerner 177 PME gabonaises.

L’État gabonais a annoncé ce vendredi 9 février la signature d’une « convention de règlement définitif de sa dette intérieure avec un ensemble de créanciers constitués sous la forme d’un Groupement d’intérêt économique (GIE), et dont le chef de file est le groupe BGFI Bank ».

Le montant que l’État gabonais entend rembourser s’élève à 310 milliards de francs CFA. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, Brice Laccruche, le directeur de cabinet du président gabonais, a précisé que ce montant représentait 177 entreprises privées et « les deux tiers de la dette intérieure globale » du Gabon, qui s’élève aujourd’hui à « 400 milliards de francs CFA », selon le communiqué de la présidence.

« Il s’agit pour l’ensemble des PME d’être réglées de l’ensemble des arriérés dus par l’État gabonais. Toutes les entreprises qui auront des créances inférieures à 2 milliards de francs CFA dus seront intégralement payées d’ici les dix prochains jours », assure Brice Laccruche.

Règlement en deux fois

Pour ce qui est des modalités du remboursement, le communiqué de la présidence explique que le règlement de ces 310 milliards s’effectuera en deux tranches. Un premier paiement de 160 milliards de FCFA doit être versé d’ici la fin du mois de février sous la forme d’un financement bancaire. « L’enveloppe a déjà été négociée avec la Banque Gabonaise et Française Internationale », précise Alain Bâ Oumar, président de la Confédération patronale gabonaise (CPG).

« Le deuxième règlement fera, là aussi, l’objet de discussions à la fin du mois pour établir un échéancier », poursuit-il.

Maintenant, il faut que les entreprises jouent leur rôle dans la relance de l’économie, qu’elles reprennent les chantiers interrompus et créent des emplois

« Les dettes prises en compte par ces paiements ont été validées par le Trésor public, la Direction générale du budget, la Direction générale de la dette, en accord avec la Confédération patronale gabonaise (CPG) », précise le communiqué de la présidence.

Remboursements très attendus

« On ne peut qu’être satisfaits, cette mesure va permettre de stabiliser un peu le tissu économique gabonais. Maintenant, il faut que les entreprises jouent leur rôle dans la relance de l’économie, qu’elles reprennent les chantiers interrompus et créent des emplois », souligne Alain Bâ Oumar.

Ces remboursements sont fortement attendus au Gabon. Le pays a multiplié en 2015 les mesures de réduction de ses dépenses, mais cela n’a jamais semblé suffire, compte tenu des arriérés de paiement de salaires et de dettes accumulées dans le secteur privé.

Le FMI avait approuvé, en juin dernier, un prêt de 642 millions de dollars au Gabon au titre de son mécanisme élargi de crédit, pour soutenir un programme de relance à moyen terme. Le programme arrêté avec le FMI prévoit, en 2020, une disparition du déficit budgétaire, alors que l’économie gabonaise accuse toujours le coup après la chute des prix du pétrole.

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