Présidentielle au Mali : le Premier ministre promet des moyens pour sécuriser le centre du pays

Par Jeune Afrique avec AFP

Soumeylou Boubèye Maiga , Premier ministre Malien © DAOU Bakary Emmanuel pour JA

Soumeylou Boubeye Maïga, le Premier ministre malien, en visite dimanche dans le centre du pays, a promis tous les moyens nécessaires pour la sécurisation de cette région et assuré que le premier tour de l'élection présidentielle se tiendrait le 29 juillet.

Le chef du gouvernement, qui effectuait son premier déplacement en région depuis sa nomination le 30 décembre, avait annoncé en janvier le lancement d’une « vaste opération », sans autre indication, pour sécuriser le centre du pays, où les groupes jihadistes sont particulièrement actifs.

Nomination de sous-préfets

« Les opérations de sécurisation du centre ont commencé, elles vont se poursuivre. Nous mettrons les moyens qu’il faut », a annoncé Soumeylou Boubeye Maïga lors d’une rencontre à Mopti, chef-lieu de la région, avec des cadres régionaux.

« Dès la semaine prochaine, en urgence, plus d’un demi-milliard de FCFA (plus de 760 000 euros, NDLR) seront mobilisés pour soutenir les actions de l’armée », a-t-il annoncé, affirmant que « dès la semaine prochaine, du nouveau matériel sera mis à la disposition de l’armée dans le centre ».

Le déploiement de l’administration dans les zones de cette région dont elle est quasiment absente se traduira la semaine prochaine notamment par la nomination de sous-préfets, a ajouté cet ancien journaliste de 63 ans, ex-ministre de la Défense et ancien patron des services de renseignement.

Le gouvernement a adopté en 2017 un Plan de sécurisation intégré des régions du Centre. Il prévoit à terme la mobilisation de plus de 4 000 militaires pour assurer la sécurité dans la région de Mopti, précise un responsable militaire local.

Premier tour de la présidentielle le 29 juillet

Alors que les Maliens sont attendus aux urnes cette année, le Premier ministre a par ailleurs assuré que le premier tour de l’élection présidentielle se tiendrait bien en juillet, le dimanche 29, a-t-il précisé, soulignant que « s’il n’y a pas d’élection, personne n’aura une base juridique pour gouverner ».

Il a également évoqué « le dialogue national et la politique de main tendue du gouvernement », après l’annonce par le président Ibrahim Boubacar Keïta, dans son message de fin d’année, d’un « projet de loi sur l’entente nationale » exemptant de poursuites tous ceux « qui n’ont pas de sang sur les mains ».

« Dans le cadre de ce dialogue, nous allons procéder à la libération de ceux qui sont libérables », a simplement déclaré le Premier ministre, sans fournir de détails.

Soumeylou Boubeye Maïga s’est ensuite rendu à l’hôpital de la ville, où ont été admis des blessés de l’explosion d’une mine vendredi près de Konna, au nord-est de Mopti. Le dernier bilan de l’explosion fait état de cinq morts, dont trois femmes, et d’une quinzaine de blessés.

Malaise au sein de l’armée

Le Premier ministre a également rendu visite aux troupes maliennes sur place, qu’il a encouragées dans leur mission. La situation sécuritaire ne cesse de se dégrader au Mali, à quelques mois de la présidentielle prévue en juillet 2018.

Le malaise au sein de l’armée dans le centre du Mali s’est manifesté en janvier par la désertion de 36 gendarmes, qui se sont dirigés vers Bamako, où ils ont été mis aux arrêts, et l’arrestation d’un sergent pour avoir publié une vidéo dans laquelle il critiquait la hiérarchie militaire et la gouvernance du pays.

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