Capital-investissement

Grand invité de l’Économie RFI/Jeune Afrique – Zineb Abbad El Andaloussi : « Les investisseurs ont pris conscience de l’opportunité que peut représenter l’Afrique »

Zineb Abbad El Andaloussi, directrice générale de Helios Investment Partners, à RFI le 9 février 2018. © Vincent Fournier/JA

La Franco-Marocaine Zineb Abbad El Andaloussi est Directrice Générale au sein de la société d’investissement Helios Partners, qui est à ce jour le plus important capital-investisseur exclusivement africain. Elle est la Grande Invitée de l’économie RFI-Jeune Afrique samedi 10 février sur RFI, à 12 h 10 heure de Paris, 11 h 10 TU.

Fondé il y a quinze ans par des entrepreneurs nigérians, la société d’investissement Helios Partners gère aujourd’hui environ de trois milliards de dollars d’actifs, intégralement investis sur le continent. C’est à ce jour le plus important capital-investisseurs exclusivement africains.

Depuis mars 2017, il est dirigé par la Franco-Marocaine Zineb Abbad El Andaloussi, diplômée de Centrale Paris et ancienne de la banque Rothschild. Elle est l’invitée de l’émission Eco d’ici, Eco d’ailleurs, diffusée sur RFI samedi 10 février à 11 h 10 TU. Extraits.

  • Philosophie

Hélios a été créé par des Africains pour des Africains. [Le gestionnaire de tours télécoms] Helios Tower Nigeria a été notre tout premier investissement. Notre ambition, c’est de donner au continent les moyens de maîtriser son propre développement.

J’ai rejoint cette équipe avec, pour mission, de développer notre présence en Afrique francophone. Aujourd’hui, cela représente 30 % de notre portefeuille. Le but est de porter cette part à 40 %.

  • Accompagnement

Mon premier emploi au sein de la banque Rothschild consistait à conseiller des sociétés dans le cadre de cessions, d’acquisitions ou de structurations de financement. Ma mission s’arrêtait une fois que la transaction était conclue.

En rejoignant Helios, je voulais pouvoir accompagner des sociétés sur un plus long terme, en contribuant à la création de valeur, en les aidant à améliorer leur stratégie et à renforcer leurs process, qu’ils soient financiers ou opérationnels, en contribuant à renforcer leur gouvernance…

  • Equity Bank of Kenya

Nous avons accompagné Equity Bank de manière opérationnelle et stratégique pendant huit ans. Au Kenya, sa part de marché était de 7 %. Nous les avons aidés à prendre le virage du numérique, à se développer. Aujourd’hui, Equity Bank of Kenya est citée régulièrement parmi les dix banques les plus rentables dans le monde. Au moment de notre sortie, en 2015, elle avait 50 % de part de marché au Kenya. Nous avons aussi participé au développement de la banque dans sept nouveaux pays africains.

  • Investisseurs africains

Aujourd’hui, nous sommes soutenus par les bailleurs de fonds internationaux, les plus grandes institutions internationales, des fonds de pensions et des organisations gouvernementales. Malheureusement, nous n’avons pas avec nous d’investisseurs africains. Nous espérons que les choses vont changer.

  • Opportunités

Je pense que le regard sur l’Afrique a changé. Quand j’étais banquière d’affaires, très souvent je passais plus de temps à convaincre les investisseurs de l’intérêt que constituait le fait d’investir en Afrique, qu’à présenter la cible que je leur proposais. Désormais, ils ont une vraie conscience des opportunités, même s’ils appréhendent mal les risques politiques et opérationnels.

  • Éthique

Beaucoup de chemin a été accompli sur les sujets de l’éthique et de la gouvernance dans les entreprises africaines. Mais beaucoup reste à faire. C’est fondamental. Nous accompagnons les sociétés pour leur faire prendre conscience du fait que la bonne gouvernance est un facteur de croissance et de création de valeur. En tant que fonds soutenu par des bailleurs internationaux, nous n’avons pas le choix, et à titre personnel, je pense que c’est une très bonne chose.

  • Maroc

Je crois que le Maroc a fait beaucoup de progrès. C’est un pays qui n’a pas de ressources naturelles. Tout ce qui a été créé l’a été sur la base d’un vrai développement économique. Mais on part de loin et beaucoup de chemin reste à faire.

  • Intégration régionale

J’appelle de tous mes vœux l’intégration économique des pays du Maghreb. Je pense que c’est le meilleur chemin à prendre et j’espère qu’un jour, nous avancerons dans cette direction.

Déjà 250 000 inscrits !
NEWSLETTER

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Fermer

Je me connecte