Mines

Mining Indaba : le moral de l’industrie minière au beau fixe, malgré les annonces fracassantes de la RDC

La mine de cuivre Frontier à Sakania, à la frontière avec la Zambie, à l'extrême sud-est de la province minière du Katanga, en République démocratique du Congo, le 3 mars 2015. © Gwenn Dubourthoumieu pour Jeune Afrique

Les professionnels du secteur minier africain se sont retrouvés au Cap, du 5 au 8 février, pour la conférence Mining Indaba, dans un contexte de hausse du prix des minerais. Un seul trouble-fête : la RDC, qui prévoit une réforme du code minier, rendu plus contraignant, et de renégocier les contrats de partenariats de la Gécamines au Katanga.

La conférence Mining Indaba, qui rassemblait du 5 au 8 février plus de 5000 professionnels du secteur extractif africain au Cap, en Afrique du Sud, s’est terminée dans un climat nettement plus optimiste que les précédentes éditions. Et pour cause : les prix des minerais ont presque tous clôturés l’année 2017 en hausse.  Le cuivre, dont le sous-sol katangais est extrêmement riche, a gagné 14,5 % de sa valeur en 2016 puis 13,3 % en 2017 ; le prix moyen du carat des diamants, qu’on trouve en quantité au Kasaï, a pris 9 % entre 2013 et 2016 ; l’or, présent dans les Kivu et en Ituri, 13 %, après une année 2016 lors de laquelle l’once avait déjà gagné 8,6 %. Quant au coltan, utilisé dans les téléphones portables, dont les Kivu sont riches, son cours a monté de 59 % en 2017.

Les gisements de bauxite du continent, minerais dont on fait l’aluminium, suscitent toujours l’appétit des groupes chinois. Seules les filières du fer et du zinc sont en petite forme, mais l’inversion de leurs cours pourrait elle-aussi survenir dans les prochains mois.

L’intérêt pour l’Afrique

Une envolée quasi généralisée qui suscite l’intérêt des groupes miniers internationaux sur le continent, et la reprise des activités d’exploration, notamment dans l’or, où les grands de la filière, Randgold Resources, Endeavour Mining, Kinross Gold et Nordgold, dont les patrons étaient tous à la conférence du Cap, mettent les bouchées doubles pour dénicher les prochaines pépites, notamment en Afrique de l’Ouest, de la Guinée à la Côte d’Ivoire.

Si les sociétés canadiennes, australiennes, et anglaises, qui dominent le secteur, étaient venues, comme à leur habitude, en nombre à Mining Indaba, on a pu aussi noter lors de cette édition la présence remarquée des compagnies extractives russes, emmenées par leur ministre des Mines Sergueï Donskoy.

Ce contexte florissant donne des ailes aux gouvernements africains. Les ministres de la RDC, du Burkina Faso, de la Guinée, et du Mali, les principaux pays miniers francophones, avaient notamment fait le déplacement au Cap pour mettre en avant leurs gisements, trouver des partenaires miniers et financiers, et éclairer sur les éventuelles évolutions de leurs législations minières respectives.

Les annonces fracassantes de la RDC

À cet égard, les annonces fracassantes à Mining Indaba de la RDC, représentée par son ministre des mines Martin Kabwelulu, mais aussi par le président de la Gécamines, détenue par l’État, Albert Yuma Mulimbi, ont fait des vagues chez les miniers présents dans le pays.

Le premier a confirmé la promulgation prochaine d’un nouveau code minier beaucoup plus contraignant que le précédent, et applicable immédiatement. Le second a indiqué qu’il lancerait une renégociation de tous ses contrats de partenariats dans 17 projets miniers au Katanga – dont ceux de Glencore et de China Molybdenum – dès avril prochain, suite à un audit réalisé par le cabinet Mazars.

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