La Tunisie attend de l’UE des « signaux forts » pour soutenir la transition démocratique

Par Jeune Afrique avec AFP

Youssef Chahed, le chef du gouvernement tunisien, lors d'une conférence le 7 avril 2017. © Hassene Dridi/AP/SIPA

Par la voix de son ministre des Affaires étrangères, la Tunisie a demandé à l'Union européenne des « signaux forts » pour soutenir le processus de transition démocratique engagé par le pays.

« Nous voulons des signaux forts pour confirmer l’engagement de l’Union européenne aux côtés de la Tunisie dans la transition démocratique », a insisté le ministre tunisien des Affaires étrangères, Khemaies Jhinaoui, lors d’un point de presse à Bruxelles avec la représentante de la diplomatie européenne, Federica Mogherini.

« Nous souhaitons que dans l’avenir soit évité tout ce qui est susceptible de mettre en cause l’engagement des deux parties pour ce partenariat », a averti Khemaies Jhinaoui.

« Une décision injuste parce qu’unilatérale »

« Le classement de la Tunisie dans la liste des paradis fiscaux (en décembre) a été une décision injuste parce qu’unilatérale. La Tunisie n’a pas été consultée. Heureusement, la Tunisie a été enlevée de cette liste » fin janvier, a-t-il expliqué, déplorant que l’image de son pays en ait été ternie.

« La Tunisie attend davantage d’attention de l’Union européenne », a-t-il plaidé. Tunis demande notamment à l’UE de pouvoir augmenter ses exportations d’huile d’olive. « Nous connaissons le caractère délicat de cette question pour l’UE, mais c’est un produit essentiel pour la Tunisie. Si l’Europe souhaite aider la Tunisie, c’est en l’aidant à écouler ce produit essentiel sur le marché européen, d’autant plus qu’il est largement demandé par les opérateurs européen ».

« Une année charnière »

La Tunisie est le 2e producteur mondial d’huile d’olive après l’Espagne. Sa production devrait être de 240 000 tonnes en 2018 et l’UE est son principal débouché à l’export avec 56 000 tonnes.

« 2018 sera une année charnière pour la Tunisie avec des échéances électorales importantes pour consolider le processus engagé en 2011 », a rappelé M. Jhinaoui. Le déplacement du chef de la diplomatie tunisienne à Bruxelles intervient quelques jours après la visite du président français Emmanuel Macron à Tunis.

« Nous serons aux côtés de la Tunisie »

Federica Mogherini a souligné le « lien très fort et l’amitié spéciale » entre l’UE et la Tunisie liées par un partenariat privilégié lancé en 2012. « La stabilité et la transition démocratique sont prioritaires pour l’UE. Nous serons aux côtés de la Tunisie. Nous devons apporter des réponses concrètes aux attentes des Tunisiens, surtout des jeunes », a assuré la haute représentante.

Un conseil d’association, l’instance de coopération entre les deux partenaires, est prévue en mai 2018, a rappelé Mme Mogherini. « Nous travaillons sur des projets concrets » pour cette rencontre.

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