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Crimes rituels : au Congo, la cata « kata-kata »

Par Jeune Afrique

Siméon Mobondé, le maire d'Ouesso, détenu aujourd'hui à la maison d'arrêt de Brazzaville. © DR

Au Congo, les crimes rituels sont connus sous le nom de kata-kata ("trancher", en lingala). Le phénomène est répandu, mais la justice peine à traduire les coupables en justice.

D’octobre 2011 à mai 2013, une série de meurtres avec prélèvement d’organes génitaux et de sang a secoué la ville de Ouesso, dans le nord du Congo. Visant des femmes se rendant seules dans leurs plantations, ils ont fait une douzaine de victimes, jusqu’à l’arrestation de six suspects, dont le maire de la commune, détenu aujourd’hui à la maison d’arrêt de Brazzaville.

Au Congo, les crimes rituels sont connus sous le nom de kata-kata ("trancher", en lingala). À la fin des années 1980, déjà, des rumeurs sur des enlèvements d’enfants avaient rythmé le quotidien des Brazzavillois. Entre 2005 et 2011, la capitale avait recensé une série de meurtres avec mutilation. Et en 2011, les images d’une femme enceinte tuée et mutilée avaient provoqué une telle psychose que des écoles avaient demandé aux parents de récupérer personnellement leurs enfants à la sortie des cours. Les voitures aux vitres teintées avaient été interdites. Et un homme soupçonné de trafic d’ossements humains avait été lynché par une foule en colère dans le 1er arrondissement.

Si, dans d’autres pays africains, les crimes rituels visent les albinos, les jumeaux ou les handicapés, au Congo ils ciblent généralement des femmes.

Le phénomène kata-kata connaît une recrudescence à l’approche de chaque élection. Si, dans d’autres pays africains, les crimes rituels visent les albinos, les jumeaux ou les handicapés, au Congo ils ciblent généralement des femmes. Certains cas ont attiré l’attention de la justice, mais les enquêtes sont souvent dans l’impasse. En octobre 2013, l’Association pour les droits de l’homme dans l’univers carcéral (Adhuc) a exhorté le ministère public à poursuivre la procédure judiciaire contre les auteurs et complices présumés dans le cadre de l’affaire de Ouesso et à prendre des mesures pour empêcher son éventuelle délocalisation.

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