Festival gnaoua d’Essaouira : place à la fusion !

Dans les rues d'Essaouira, le 12 juin 2014. © Instagram/gnaouafestival

Avec une ouverture en fanfare, hier soir, le festival "Gnaoua Musiques du monde" va rassembler le meilleur de la fusion musicale à Essaouira (Maroc) pendant 3 jours.

Pour sa première soirée, le festival d’Essaouira a tenu sa promesse: faire fusionner musiciens gnaoua et artistes du monde. Sur la scène principale "Moulay El Hassan", ce 12 juin, la ville des alizés a été plutôt épargnée par le vent, mais un lourd brouillard s’est installé progressivement durant toute la nuit.

Comme si les mlouks – ces esprits invoqués par la musique gnaoua – prenaient progressivement leurs quartiers. Il y a certainement quelque chose de surnaturel dans la manière avec laquelle l’ancienne Mogador envoûte son visiteur. Ville voulue par le sultan Mohammed Ben Abdallah comme le port de Tombouctou, dans la deuxième moitié du 18è siècle, carrefour entre les influences arabe, berbère, juive et subsaharienne du Maroc, Essaouira est cosmopolite et nonchalante, authentique et vivante.

Tout comme cette fusion de Tyour Gnaoua, jeunes pousses de musique locale menés par le maâlem Abdeslam Alikkane, et des quatre larrons de Sefarat Al Khafaâ. Ces derniers, qui se proclament “ambassadeurs de l’invisible”, forment un quartet de musiciens français, initiés par des maîtres locaux, et reprennent le répertoire traditionnel du tagnaouite.

>> Lire aussi : Au Maroc, c’est la "Festival fever"

Jusqu’au 15 juin, la vieille Mogador, Essaouira “la bien gardée” accueille le meilleur de cette musique locale, puisée au coeur de l’Afrique de l’Ouest et des grandes signatures mondiales. Après le violoniste français Didier Lockwood qui a joué avec le maâlem Hassan Boussou, représentant de la relève gnaoua, la scène "Moulay El Hassan" verra défiler le claviériste martiniquais Marion Canonge et le Maâlem Mohamed Kouyou, le 13 juin.

Miller, Kouyaté, Bagbou, El Kasri… Des stars marocaines et étrangères toutes les nuits

Le lendemain, samedi 14 juin, tard dans la nuit souirie, le concert le plus attendu rassemblera le bassiste de jazz Marcus Miller et le maâlem Mustapha Baqbou. Tout aussi alléchante est l’affiche du concert de clôture, avec le très populaire maâlem Hamid El Kasri et le Malien Bassekou Kouyaté.

En plus des artistes étrangers précités, la scène de la plage promet des rythmes endiablés avec en prime les Sénégalais de Meta and the Cornerstones, qui seront au rendez-vous des amateurs nombreux de reggae, vendredi 13 juin. Le lendemain, se succèderont sur cette même scène, les jeunes et néanmoins célèbres Ayo et Ibrahim Maâlouf. Avec Down on my knees, la germano-nigériane s’est imposée sur la scène Soul. Elle présentera son album (2013) Ticket to the World. Le trompettiste libanais est déjà connu des connaisseurs marocains qui l’auront aperçu à Casablanca et à Rabat, ces dernières années, mais surtout à Essaouira même, où il était déjà venu en 2008.

Pour les puristes, des soirées estampillées “intimistes”  par les organisateurs, rassemblent chaque soir les amateurs de son plus acoustique dans des petits lieux: Dar Souiri, Bastion Bab Marrakech, Zaouia Issaoua. Autant de portes d’entrée à la richesse du patrimoine spirituel et confrérique de la musique gnaoua, nourrie de ses contacts avec les autres traditions soufies, nombreuses et cohabitant en bonne intelligence, depuis des siècles. Bon spectacle !

>> Lire aussi notre couverture du festival d’Essaouira en 2013

Youssef Aït Akdim, envoyé spécial à Essaouira

 

Couverture

Exclusivité : - 30% sur votre édition digitale


Couverture

+ LE HORS-SERIE FINANCE OFFERT dans votre abonnement digital. Accédez à toute l'actualité africaine où que vous soyez !

Je m'abonne à Jeune Afrique