Politique économique

Madagascar : à un an de la présidentielle, Rajaonarimampianina lance son programme « émergence »

Le président Hery Rajaonarimampianina, à Beijing, le 27 mars 2017. © Lintao Zhang/AP/SIPA

« L’année 2018 sera, non seulement, une année électorale, mais également le temps de l’émergence pour Madagascar », a déclaré le président Hery Rajaonarimampianina, le 25 janvier, à l’occasion du quatrième anniversaire de son entrée en fonction.

À peine plus d’un an après avoir obtenu la promesse des bailleurs de fonds internationaux d’investir plus de 6,4 milliards de dollars dans le pays, le chef de l’État malgache, Hery Rajaonarimampianina, a présenté, devant une assemblée de plusieurs centaines de personnes composée de représentants de l’État, du secteur privé et de la société civile, sa stratégie de croissance économique, baptisée « Fisandratana 2030 » (émergence et renaissance, en malgache). Comme s’il exposait son programme, quelques mois avant l’élection présidentielle annoncée pour décembre prochain.

Objectifs ambitieux, financements flous

Si les moyens financiers nécessaires à la mise en œuvre de ce plan n’ont pas été détaillés, les objectifs, très ambitieux, sont par contre des plus précis. Il s’agit, en douze ans, de tripler le PIB du pays pour passer à un revenu par habitant voisinant avec les 1 000 dollars, de ramener le taux de pauvreté à moins d’un quart de la population – contre plus des deux tiers aujourd’hui -, de créer 5 millions d’emplois, avec en ligne de mire, la 70e place du classement mondial de l’Indice de développement humain (IDH), synonyme du statut de pays à revenus intermédiaires pour Madagascar et objectif déclaré des autorités.

Dévoilé dans les grandes lignes, une semaine plus tôt devant la communauté économique de Toamasina, la principale ville portuaire de la Grande île, le plan dessine une nouvelle carte économique autour de quatre pôles de développement géographique et de sept secteurs économiques prioritaires : l’agriculture vivrière, l’exploitation durable des produits agricoles et forestiers, la pêche et l’aquaculture, l’industrie légère, les mines et pierres précieuses et le tourisme.

Le tout soutenu par un large programme d’infrastructures de transport, d’énergie et de santé. « Nous devons mettre un terme au paradoxe malgache, celui de la pauvreté malgré des potentiels économiques immenses », a promis le président.

Appel au secteur privé

Pour arriver à un tel résultat à la date promise, le pays va devoir aligner un taux de croissance annuel à deux chiffres dès 2019, contre à peine 4 % ces dernières années. Inscrit dans la continuité du Plan national de développement (PND), défini pour la période 2015-2019, Fisandratana 2030 devrait pouvoir s’appuyer sur les réalisations mises en avant par l’actuel président, notamment dans l’énergie.

« Il a fallu trois ans au pays pour disposer d’un système de production et de distribution électrique efficace », a tenu à rappeler le chef de l’État qui estime aujourd’hui « avoir remis le pays sur les rails », après la crise qui a paralysé Madagascar de 2009 à 2013.

Reste que la tâche s’annonce énorme pour un pays encore exsangue. Hery Rajaonarimampianina compte sur le soutien du secteur privé, véritable « cheville ouvrière du développement », pour le président, et propose même un « nouveau pacte national, autour d’une vision collective ambitieuse ». Dont Fisandratana 2030 devrait être la pierre angulaire économique.

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