RDC : « Sommes-nous dans une prison à ciel ouvert ? », s’interroge le cardinal Laurent Monsengwo

Par Jeune Afrique avec AFP

Des policiers congolais pendant la manifestation du 31 décembre, à Kinshasa. © John Bompengo/AP/SIPA

Après la répression des manifestations du 21 janvier, qui a fait au moins six morts, le cardinal Laurent Monsengwo lance une nouvelle charge contre les autorités congolaises.

Le cardinal Laurent Monsengwo s’est exprimé devant la presse congolaise et internationale, mardi 23 janvier, pour condamner la répression par les forces de l’ordre des marches initiées par les laïcs catholiques en RDC. Au moins six personnes ont été été tuées le 21 janvier et 49 autres ont été blessées durant ces manifestations – interdites par le gouvernement, alors que la dispersion d’une marche similaire avait déjà fait six morts le 31 janvier 2017.

« Sommes-nous dans une prison à ciel ouvert ? Comment peut-on tuer des hommes, des femmes, des enfants, jeunes et vieux scandant cantiques religieux, munis des bibles, chapelets, crucifix ? Que veut-on au juste ? Le pouvoir pour le pouvoir ou bien le pouvoir pour le développement intégral du peuple, dans la paix, dans la justice et la vérité ? Nous voulons que règne la force de la loi et non la loi de la force », a déclaré le Cardinal Monsengwo,  déplorant « des morts, des arrestations des prêtres, des religieuses et de plusieurs laïcs, des vols et des extorsions des biens des citoyens ».

Black-out forcé

Ce discours fait écho à celui du pape François, qui a appelé le 21 janvier à « prier pour le Congo ». Lors de son audience hebdomadaire mercredi place Saint-Pierre, le souverain pontife a renouvelé son appel « pour que tous s’emploient à éviter toute forme de violence. « Pour sa part, l’Église ne veut rien d’autre que contribuer à la paix et au bien commun de la société », a-t-il déclaré.

Pour sa part, le secrétaire général des Nations-unies, Antonio Guterres,  a réclamé des « enquêtes crédibles » afin que les responsables de violences soient « traduits en justice ». Antonio Guterres a également « exhorté les forces de sécurité congolaises à faire preuve de retenue » et en « appelé également au plein respect des lieux de culte ».

Internet rétabli mardi soir

En amont de ces marches, le 20 janvier des barrières avaient été installées dans le centre-ville de Kinshasa. Les autorités ont également « instruit » les opérateurs de couper l’accès à internet dans la nuit du 20 au 21 janvier, a indiqué à l’AFP un responsable d’une société de télécommunication.

La coupure a été effective autour de minuit. Internet a été rétabli mardi 23 janvier au soir. Les messageries sur les réseaux sociaux ont repris en soirée, après les échanges de SMS. Depuis le rétablissement des réseaux, de nombreuses images de la répression du 21 janvier déferlent sur les réseaux sociaux – sans qu’il soit toujours possible d’authentifier leur provenance.

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