Cinéma

César 2018 : « La Laine sur le dos » de Lotfi Achour, un court-métrage sur la corruption en Tunisie en sélection officielle

© Capture d'écran / DR

« La Laine sur le dos », le dernier court-métrage de Lotfi Achour, est en lice pour obtenir le César du meilleur film de court-métrage 2018. Dans le film, visible en ligne, l'homme de théâtre et de cinéma offre un regard original sur un fait commun au Maghreb.

C’est une histoire de feux arrières qui ne fonctionnent pas. Au beau milieu du désert, dans le sud tunisien, deux représentants des forces de l’ordre en uniforme immobilisent un véhicule dont les phares ne fonctionnent plus. L’affaire contrarie le propriétaire et conducteur, un grand-père accompagné de son petit-fils. Tous deux transportent à l’arrière du pick-up des moutons qu’ils comptent vendre sur un marché avant l’Aïd.

C’est le point de départ de La Laine sur le dos, « Alouch » sur l’affiche arabe (littéralement « l’agneau », ou « le pigeon » en argot), court-métrage de Lotfi Achour, produit en France et sélectionné aux César 2018 dans sa catégorie. Le réalisateur et metteur en scène de théâtre a tourné son court-métrage dans la région de Tataouine en 2016 et l’a présenté la même année au Festival de Cannes et à Dubaï.

La corruption au centre du film

Avec finesse, Achour retranscrit une situation banalement ubuesque. « Le film parle de l’abus de pouvoir avant tout », précise le réalisateur. Mais si les agents cherchent bien à récupérer un pot-de-vin tout au long du film, ils ne sont pas simplement réduits à un rôle de méchants et le film, qui transporte dans l’univers jaune et ocre du désert, évite un manichéisme en noir et blanc.

L’enfant fait l’apprentissage de cette interaction sociale spécifique que le vieux connaît trop bien

« Ils se plaignent de leur situation : ils passent leur journée dans un désert. Un décor idyllique pour un film, mais un espace vide et chaud si l’on ne vient pas de cet endroit. Toute la journée, ils sont là, à attendre assis sur un caillou, comme ils l’expliquent. »

Sous les yeux du spectateur, trois générations – le grand-père, les agents et enfin le petit-fils – interagissent comme dans un huis clos, celui de la corruption, espace étouffant s’il en est. L’enfant fait l’apprentissage de cette interaction sociale spécifique que le vieux connaît trop bien et que les agents réinventent avec une aisance et une légèreté étonnante.

Empathique, empreint d’un humour discret et mesuré, La laine sur le dos est visible en ligne ici, jusqu’au 30 janvier 2018.

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