Politique

Marches interdites en RDC : au moins six morts et 49 blessés

Un membre des forces de sécurité tente d'empêcher des manifestants de défiler à Kinshasa, en République démocratique du Congo, le 31 décembre 2017. © John Bompengo/AP/SIPA

Au moins six personnes ont été tuées et 49 autres blessées dimanche en République démocratique du Congo lors de la dispersion par les forces de sécurité de marches contre le maintien au pouvoir du président Kabila, selon un bilan provisoire de l'ONU.

Six personnes tuées, 49 blessés et 94 arrestations. C’est le bilan mis à jour par la porte-parole de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) Florence Marchal, après la dispersion par les forces de l’ordre de la marche anti-Kabila de ce dimanche 21 janvier en RDC. Les forces de sécurité ont utilisé des gaz lacrymogènes mais aussi des balles réelles, selon la Monusco, qui avait annoncé l’envoi d’observateurs sur le terrain, et des témoins dont des journalistes de l’AFP.

Le porte-parole de la police nationale congolaise a pour sa part affirmé que « deux personnes ont été tuées » à Kinshasa. « Neuf policiers » ont été blessés « dont deux grièvement », a-t-il ajouté dans une intervention sur la télévision d’État Radio télévision nationale congolaise (RTNC).

Un policier arrêté

Parmi les deux tués selon les autorités, une personne a été victime d’un tir à bout portant d’un policier, selon une source proche de la présidence. « Le policier est arrêté et doit être déféré à la justice », a indiqué Yvon Ramazani, chargé de mission à la communication de la présidence, dans un appel à l’AFP.

De son côté, le ministre de l’Aménagement du territoire Felix Kabange Numbi a affirmé à l’AFP que « des centaines de personnes recrutés par le curé de la paroisse Saint-Christophe ont tenté de pénétrer » dans sa résidence kinoise.

« Ma garde a procédé à des tirs de sommation avant l’arrivée de renforts qui ont arrêté 145 personnes », a-t-il avancé.

Une jeune fille décédée après des tirs d’auto-mitrailleuse

À Kinshasa, une jeune fille de 16 ans est décédée après un tir de rafales d’une « auto-mitrailleuse » visant l’entrée de l’église Saint-François-de-Salles dans la commune de Kitambo, a déclaré à l’AFP le médecin, ex-ministre et opposant Jean-Baptiste Sondji, qui affirme s’être trouvé sur les lieux. Le décès a été confirmé à l’AFP par le père de la jeune fille qui affirme être officier de police.

Au moins 16 personnes ont été blessées, dont quatre grièvement parmi lesquelles deux par balles, a indiqué à l’AFP une infirmière du centre médical Mgr Léonard, près de l’église Saint-Joseph, dans une autre commune populaire de Kinshasa.

 « Arrestations arbitraitres » et couvre-feu

La Monusco dénonce 24 « arrestations arbitraitres » de membres du collectif citoyen Lutte pour le changement (Lucha) à Beni dans le Nord-Kivu, et indique que les autorités voudraient imposer un couvre-feu à Mbuji Mayi au Kasaï (centre).

Onze personnes ont été blessées à Kisangani (nord-est), selon la même source. Dans cette ville, des jeunes ont tenté de résister aux forces de sécurité en brûlant des pneus dans le centre, selon un correspondant de l’AFP.

Six personnes étaient mortes dans la dispersion de précédentes marches interdites par les autorités le 31 décembre, d’après la Monusco et la nonciature apostolique, aucune d’après les autorités congolaises.

Ces marches sont organisées par un collectif proche de l’église catholique qui demande entre autres au président Kabila de déclarer publiquement qu’il ne briguera pas un troisième mandat, ce qui lui interdit la Constitution. Le deuxième et dernier mandat du président Kabila a pris le 20 décembre 2016. Des élections sont prévues le 23 décembre 2018.

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