Alger pointe du doigt le Maroc pour les flux de haschisch arrivant en Algérie

Par AFP

Ahmed Ouyahia lors d'un discours à Alger le 11 juin 2017. © Sidali Djarboub/AP/SIPA

 Le Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia a pointé du doigt samedi le Maroc pour les flux de haschisch qui arrivent en Algérie où des quintaux de résine de cannabis sont saisis chaque semaine.

« Concernant la question du Maroc et de la drogue, ce n’est pas un commentaire venant de moi (…) Tout le monde sait où se trouve le haschisch en Afrique du nord. Il ne nous vient pas d’Afghanistan, qui est trop loin de nous », a déclaré le Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia lors d’une conférence de presse après une réunion du conseil national de son parti, le Rassemblement national démocratique.

Il répondait à une question sur les propos qu’ils avait tenus jeudi et dans lesquels il avait condamnés, sans citer nommément le Maroc, « tous ceux qui de l’extérieur tentent de noyer l’Algérie sous un énorme flux de haschisch et de cocaïne ». Selon le Premier ministre, les forces algériennes de sécurité saisissent « au moins une fois par semaine des quintaux de drogue », en provenance du Maroc.

 50 tonnes de cannabis saisies en 2017

M. Ouyahia a déploré la situation des jeunes algériens en proie à la toxicomanie. « La drogue est dans les lycées et dans les stades », a-t-il dit. « Si la décision me revenait, j’appliquerais la peine de mort contre les trafiquants de drogue, pas ceux qui la vendent au gramme, mais ceux qui la font rentrer » dans le pays, a ajouté le chef du gouvernement.

La longue frontière entre le Maroc et l’Algérie, officiellement fermée depuis 1994, est réputée pour être le théâtre de contrebande. Entre 2010 et 2016, plus de 500 tonnes de résine de cannabis ont été saisies par les autorités algériennes, selon un bilan officiel. Pour la seule année 2017, ce sont près de 50 tonnes de résine de cannabis qui ont été confisquées, selon le ministère de la Défense.

Relations difficiles

Alger et Rabat entretiennent des relations difficiles notamment autour du Sahara occidental, une ancienne colonie espagnole en grande partie sous le contrôle du Maroc qui la considère comme partie intégrante de son territoire. Le mouvement indépendantiste du Front Polisario en réclame l’indépendance avec l’appui de l’Algérie.

En octobre, le Maroc avait rappelé son ambassadeur à Alger en réaction à des déclarations du chef de la diplomatie algérienne Abdelkader Messahel accusant des entreprises marocaines de « blanchir l’argent du haschisch », en Afrique.

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