Musique

Musique : Minuit 6 heures continue à semer

Le chanteur Lamine Sarr, décédé en septembre 2016. © DR

Après la disparition de son chanteur d'origine sénégalaise, Lamine Sarr, en septembre dernier, le groupe francilien poursuit la croisière avec un deuxième album poignant, « Semer des graines ».

C’était un vieux loup de mer des bars à concerts de la région parisienne. Lamine Sarr, haute silhouette à la démarche chaloupée, tricorne vissé sur la tête, chantait depuis 13 ans le vagabondage, les femmes, les marges, la liberté avec ses complices du navire Minuit 6 heures.

Un charisme à fendre les flots, une sensibilité à larguer les amarres, une voix éraillée de vieux flibustier qui faisait chavirer les plus endurcis. En septembre 2016, un accident de voiture a fait brutalement taire le rire sonore de ce père de deux enfants, âgé de 39 ans.

Après un premier album, A quand la mer, en 2013, le groupe avait gagné en notoriété, partageant la scène du Zénith de Paris avec le rappeur Oxmo Puccino. Un second disque couvait depuis longtemps.

Opus sorti en sa mémoire

L’équipage de Minuit 6 heures, Ritthy Taing (basse), Jonathan Enfraze (guitare), Ken Parassouramin (batterie, percussions), Guillaume Repain (guitare), a décidé de sortir ce deuxième opus, Semer des graines, en sa mémoire et pour « oublier la nuit ».

Un album naviguant en eaux troubles entre chanson, reggae, soul. Naturellement poignant, douloureusement beau et prémonitoire, à l’image du titre Happy End, dont le clip met en scène les enfants de Lamine. Sa fille, Seynabou, a prouvé lors d’un concert hommage au Café de la Danse, le 10 janvier, que la graine de la scène avait germé loin en elle. L’aventure peut continuer.

 

L’album Semer des graines, autoproduit dans l’urgence, est actuellement disponible en contactant le groupe sur sa page Facebook.

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