Maroc : le congrès de la jeunesse du PJD va-t-il tourner au procès d’El Othmani ?

Lors du congrès du PJD à Rabat, le 25 septembre 2016. © Abdeljalil Bounhar/AP/SIPA

Dans deux semaines, la chabiba islamiste se réunira en conclave pour renouveler sa direction et évaluer l'action du gouvernement. Des débats houleux en perspective.

C’est à un sixième congrès tendu auquel se prépare la jeunesse du Parti justice et développement (PJD). Le conclave prévu le 2 février risque de tourner au procès du gouvernement, alors que Saâdeddine El Othmani est censé présider l’ouverture de ce congrès à laquelle devrait assister toute la direction de la formation politique.

Montée des tensions

En effet, la Chabiba a multiplié, ces dernières semaines, les sorties tonitruantes mettant l’exécutif dans l’embarras. La dernière en date n’est autre que la signature d’un communiqué de soutien aux manifestations de Outat El Haj (province de Missour) où des activistes attribuent la mort d’une personne à une supposée erreur médicale.

Quelques semaines auparavant, l’organisation de la jeunesse PJD avait également pris position en faveur du mouvement de protestation de Jérada, déclenché suite au décès de deux personnes dans une mine de charbon désaffectée.

Mais la salve la plus appuyée a eu lieu dans l’hémicycle quand le secrétaire national de la Chabiba, Khalid El Boukarai, a ouvertement critiqué les partis alliés au PJD dans la majorité gouvernementale.

La Chabiba, ce n’est pas le parti

« La force de notre parti réside dans sa capacité à débattre en toute franchise, avec une parole libérée de toute considération politico-politicienne », nous explique Mohamed Amakraz, président de la commission nationale et président du congrès. Et d’ajouter : « De toute manière, la Chabiba, ce n’est pas le parti. Les jeunes militants expriment leur position en toute indépendance, mais avec considération et respect des principes du parti. »

Les débats pour l’élaboration du document politique de la Chabiba devraient donc connaître un débat houleux, notamment en ce qui concerne la formulation des passages de soutien au gouvernement El Othmani.

Outre l’adoption de ce texte, les 800 congressistes attendus procéderont également à l’élection des 11 représentants du bureau national ainsi que du nouveau secrétaire national. Khaid Boukarai, qui occupait le poste jusque-là, est contraint de céder sa place, ayant dépassé les 40 ans, il n’est plus membre de la « jeunesse » du parti.

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