Jeunes tués en Casamance : le Sénégal suspend toutes les autorisations de coupe de bois

Par Jeune Afrique avec AFP

Exploitations du bois en Guinée Bissau, pays frontalier de la Casamance où la Constitution interdit - en théorie - l'exportation de bois. © Sylvain Cherkaoui pour Jeune Afrique

Le président sénégalais Macky Sall a ordonné la suspension de toutes les autorisations de coupe de bois à la suite du massacre de 14 personnes en Casamance, selon un communiqué publié jeudi sur le compte Twitter officiel de la présidence.

Macky Sall a enjoint mercredi en Conseil des ministres le gouvernement de « diligenter » les enquêtes pour mettre la main sur les responsables du massacre de 14 jeunes hommes venus chercher du bois dans la forêt protégée de Bayotte, près de Ziguinchor, le 6 janvier dernier.

« Les auteurs directs de cet acte et leurs complices, […] seront recherchés, arrêtés, jugés et punis par la loi à la hauteur de leurs forfaits odieux », insiste le président dans ce communiqué. Vingt-deux personnes ont déjà été arrêtées le 14 janvier dans le cadre de cette enquête.

Macky Sall a également donné instruction « au gouvernement de suspendre jusqu’à nouvel ordre toutes les autorisations de coupe de bois et de procéder sans délai à la révision du Code forestier ».

Il a demandé aux forces armées « d’engager tous les moyens requis afin de neutraliser durablement toutes les bandes armées qui sévissent sur l’ensemble du territoire national », tout en réaffirmant son engagement à un « dialogue inclusif » pour parvenir à la paix en Casamance.

Renforcement contre le trafic de bois

Selon des experts et le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC – rébellion), le massacre pourrait être lié à l’exploitation illicite du bois précieux en Casamance. Haïdar El Ali, militant écologiste sénégalais et ancien ministre de l’Environnement, estime à 5 000 le nombre de conteneurs remplis de bois de vène en partance chaque année des ports gambiens pour la Chine. Cela représente environ 140 milliards de francs CFA.


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Le ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, a annoncé le 9 janvier un renforcement de la répression du trafic de bois en Casamance.

Quelques jours avant le massacre, le climat semblait particulièrement propice à une relance du processus de paix.

Dans son message de fin d’année, le président Macky Sall avait lancé un appel à la rébellion pour faire « le pas décisif vers la paix définitive, une paix sans vainqueur ni vaincu », et deux membres du MFDC avaient été libérés le 1er janvier.

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