Gabon : des opposants ont investi un hôtel particulier appartenant à la famille Bongo à Paris

Le président gabonais Ali Bongo lors d'un sommet Union européenne - Afrique, le 29 novembre 2017. © Diomande Ble Blonde/AP/SIPA

Des opposants gabonais ont brièvement investi, jeudi matin, un hôtel particulier appartenant à la famille Bongo à Paris. Ils en ont été délogés par la police. L’ambassade s’apprête à déposer plainte.

L’hôtel particulier, situé au 4 rue de la Baume, dans le huitième arrondissement de Paris , a été investi ce 18 janvier par le même groupe d’opposants ayant procédé à l’envahissement de l’hôtel Pozzo di Borgo situé rue de l’Université, le 13 janvier.

Lors de la première opération, l’un des opposants avait expliqué vouloir par cette action « constater que le président Ali Bongo a dépensé des fortunes, plus de 200 millions d’euros, pour acheter et transformer cet hôtel particulier ».

Ils protestaient également contre « l’interdiction de quitter le territoire pour Jean Ping », précisait alors l’un d’eux.

Ils ont cette fois été délogés par des policiers du commissariat du huitième arrondissement, qui ont ensuite prévenu en milieu de matinée l’ambassade du Gabon en France. Celle-ci a confié à Jeune Afrique son intention de déposer plainte, comme elle l’a d’ailleurs fait suite aux événements rue de l’Université.

« On entre dans un engrenage », dénonce Flavien Enongue, ambassadeur du Gabon en France. « Ils ont pour plan d’occuper successivement les biens immobiliers qu’ils estiment attachés à la famille Bongo à Paris », croit savoir le diplomate.

En cours de cession à l’État

Le 4 rue de la Baume est la propriété de la famille Bongo et fait partie des biens acquis par l’ancien président Omar Bongo Ondimba entre la fin des années 1980 et son décès en 2009, en son nom propre ou à travers deux sociétés, la SCI Émeraude et la SCI de la Baume.

Le bâtiment, répertorié dans les enquêtes concernant les biens mal acquis, est toutefois en cours de cession à l’État gabonais, sur décision du chef de l’État, Ali Bongo Ondimba, depuis 2015. Il doit à terme, et après rénovation, être utilisé à des fins culturelles et diplomatiques.

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