Au Maroc, le déficit commercial s’est accentué de 2,6 % en 2017

Par - à Casablanca

Malgré une constante hausse de la production d'énergie renouvelable au Maroc, le secteur de l'énergie dans le royaume reste dominé par les énergies fossiles importées. © Reportage pour JA

Pour la deuxième année consécutive, le déficit commercial du Maroc s'est intensifié. Cette situation s’explique, notamment, par l’envolée de la facture énergétique, que ni les exportations de phosphate, ni celles de l'industrie automobile, n’ont pu couvrir.

Le déficit commercial du Maroc au titre de l’année 2017 s’est creusé de 2,6 %, selon les dernières statistiques livrées par l’Office des Changes, mardi 16 janvier. La différence entre les exportations du pays et ses importations s’élève ainsi à 189,8 milliards de dirhams (16,7 milliards d’euros), contre 185 milliards de dirhams l’année précédente.

C’est la deuxième année consécutive que le déficit commercial s’accentue. En 2015, les résultats des échanges extérieurs laissaient apparaître un allègement du déficit commercial.

L’institution dirigée par Hassan Boulaknadel, ex-directeur général du Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM), devenu depuis l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), explique que les exportations n’ont couvert que 56,3 % des importations du royaume. Et ce, malgré le fait que les exportations ont pu progresser d’une façon plus importante que les importations durant l’exercice en question.

Une facture énergétique de plus en plus lourde

Selon les chiffres de l’Office des Changes, les importations ont augmenté de 6,3 %, contre une progression des exportations de l’ordre de 9,3 % sur l’ensemble de l’année dernière. Mais les importations se chiffrent à 434,7 milliards de dirhams, contre 245 milliards de dirhams seulement pour les exportations.

L’industrie automobile reste la plus performante au niveau des exportations

Entre 2016 et 2017, la différence la plus marquante est la hausse de 27,3 % des importations en énergie, qui ont atteint presque 70 milliards de dirhams. Le Maroc importe pratiquement l’ensemble de ses besoins en énergie et les cours du baril du pétrole ont considérablement remonté durant l’année dernière.


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Au niveau des exportations, l’industrie automobile reste la plus performante et poursuit sa progression entamée depuis la construction de l’usine Renault à Tanger. Concernant cette catégorie en particulier, le royaume a exporté 58,5 milliards de dirhams, soit une hausse de 7,1 % en comparaison avec l’année dernière. Quant au phosphate et à ses dérivés, ils ont connu une courbe haussière pour terminer l’année avec l’équivalent de 44 milliards de dirhams exportés.

L’Espagne, premier client et premier fournisseur du royaume

S’agissant des flux financiers, les recettes des Marocains résidant à l’étranger ont atteint 65,4 milliards de dirhams, contre 62,6 milliards de dirhams un an auparavant, soit une progression de 4,5 %. Suivant la même tendance, les recettes touristiques ont progressé de 8,4 %, pour atteindre 69,6 milliards de dirhams fin décembre 2017. Les flux des investissements directs étrangers (IDE) ont eux aussi grimpé de 12 %, pour s’établir fin 2017 autour de 21 milliards de dirhams.

Si l’Office des Changes n’a pas encore livré les chiffres sur les pays d’origine de ces importations et les États destinataires des exportations marocaines, les données de l’Office européen des statistiques (Eurostat) montrent que les exportations marocaines vers l’Espagne et l’Union européenne ont augmenté de 14,08 % et de 9,9 % de janvier à octobre 2017. Ainsi, l’Espagne est le premier client du Maroc et les importations vers ce pays européen représentent 41,4 % du total. La France est deuxième de ce classement établi selon les chiffres arrêtés au mois d’octobre 2017.

Le royaume ibérique est aussi le premier fournisseur du Maroc avec une part de 36,4 % de l’ensemble des importations marocaines, suivi des produits en provenance de la France avec une part de 18,2 %.

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