Mondial 2014 : Vahid Halilhodzic, le coach qui a changé l’Algérie

Vahid Halilhodzic après la victoire de l'Algérie face à la corée du Sud, le 22 juin. © AFP

Meilleure sélection africaine lors de la Coupe du monde au Brésil, où elle a atteint les huitièmes de finale face à l’Allemagne (1-2 après prolongation), l’Algérie a bénéficié du travail effectué par Vahid Halilhodzic – qui va partir - depuis 2011 et de l’investissement consenti par la fédération.

De Turquie ou d’ailleurs, Vahid Halilhodzic (62 ans) gardera forcément un œil sur l’Algérie, où il vient de passer les trois années pas forcément les plus reposantes de sa carrière d’entraîneur. Cet affectif, qui avait failli tout envoyer promener au dernier soir du premier rassemblement des Fennecs en août 2011, effrayé par un bordel ambiant collant mal avec sa quête permanente de perfection, va pouvoir partir la tête haute, même si une pétition a été lancée sur Facebook pour qu’il prolonge son contrat.

"Si l’Algérie a atteint le deuxième tour de la Coupe du monde, en laissant l’image d’une sélection bien organisée, disciplinée et qui joue bien au football, elle le lui doit en partie", complimente Ali Fergani, ancien capitaine et sélectionneur des Fennecs.

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Marqué par son expérience ivoirienne

Pourtant, avant de dire "oui"  à l’Algérie, il se racontait que le Bosnien, marqué par son limogeage en mars 2010 via un fax envoyé par Jacques Anouma, alors président de la fédération ivoirienne, n’était pas forcément emballé à l’idée de retravailler en Afrique. "Il avait été viré après la CAN 2010, alors qu’il avait qualifié les Éléphants pour la Coupe du monde. Il a vécu cela comme une profonde injustice", raconte Cyril Moine, le préparateur physique des Fennecs, arrivé dans les bagages de l’ex avant-centre.

Halilhodzic  a su imposer une discipline dans une sélection réputée parfois turbulente.

Halilhodzic  a su imposer une discipline dans une sélection réputée parfois turbulente, sur le terrain comme en dehors. Certains cadres (Matmour, Ziani) ont peu à peu été écartés du projet,  quand d’autres, comme Belhadj, ont préféré mettre un terme à leur carrière internationale, ou quand d’autres, plus jeunes, sont arrivés.  "Mais à chaque fois qu’il a décidé de ne pas convoquer un joueur, c’était pour des raisons tactiques. En arrivant, il a mis au point un règlement, un cadre de vie, et les joueurs ont adhéré", intervient Cyril Moine.

Les larmes du "coach Vahid" après la défaite face à l’Allemagne.

Avec Raouraoua, une collaboration finalement porteuse

"En Algérie, les sélectionneurs locaux sont plus influençables. Un étranger a plus les coudées franches. Et Halilhodzic, a réussi à imposer sa méthode et à faire adhérer ses joueurs au projet", confirme Fergani. "Quand il est arrivé, l’Algérie avait l’étiquette d’une équipe défensive. Elle restait sur une Coupe du monde 2010 où elle n’avait pas marqué un seul but. Il a su donner un style plus offensif, qui correspond mieux aux qualités du footballeur algérien", note Alain Michel, un entraîneur français qui travaille depuis plusieurs années en Algérie (MC Alger, JSM Bejaia, JS Saoura).

Entre Mohamed Raouaraoua, le président de la Fédération algérienne de football (FAF), et Halilhodzic, et même si les relations entre ces deux hommes aux fortes personnalités se sont refroidies ces derniers mois, le premier reprochant au second de ne pas avoir accepté de prolonger son contrat alors qu’il lui en avait fait la proposition à la fin de l’hiver dernier, la collaboration a été plutôt fructueuse. Proche de la porte après une CAN 2013 ratée, le Bosnien avait finalement été maintenu à son poste. "Il a su utiliser les moyens mis à sa disposition par la FAF. Raouraoua a fait ce qu’il fallait pour que la sélection travaille dans les meilleures conditions, au niveau des déplacements, des stages", glisse Fergani. 

Les seuls qui ne regretteront sans doute pas Halilhodzic sont les journalistes algériens, qui entretenaient majoritairement des relations au mieux tendues, au pire exécrables avec le technicien. Ils ne lui manqueront pas non plus…