Droits de l’homme

Dominique Ouattara : « Les femmes et les enfants d’Afrique peuvent compter sur leurs premières dames »

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Dominique Ouattara est l'épouse d'Alassane Ouattara, président de la République de Côte d'Ivoire. Anciennement chef d’entreprise, elle se consacre aux activités de sa Fondation Children of Africa depuis l’élection de son époux, ainsi qu'au Fonds d'appui aux femmes de Côte d'Ivoire (FAFCI) qu'elle a fondé en 2012.

Une mère et son fils, en 2016 en Côte d'Ivoire (illustration) © Creative Commons / Flickr / Denis Carrascosa

L'épouse du président ivoirien livre ici une tribune dans laquelle elle expose les engagements pris et les recommandations avancées sur les questions de santé maternelle, de droits des femmes et de lutte contre le travail des enfants, lors du Forum des premières dames de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), en octobre dernier.

Mes sœurs épouses de chefs d’État africains et moi-même avons mis la défense des femmes et des enfants en tête de nos priorités. Pour ce faire, nous nous sommes récemment réunies en faveur de la lutte contre le travail et l’exploitation des enfants, ou encore contre la fistule obstétricale qui touche bon nombre de femmes sur le continent.

La santé des femmes, un enjeu majeur

Les femmes africaines sont victimes de problèmes de santé spécifiques, qui appellent des réponses adaptées : la mortalité liée à la grossesse (l’hémorragie maternelle est la première cause de décès maternel en Afrique) ; la prévalence du VIH/sida, cinq fois supérieure au reste du monde ; les violences basées sur le genre ; les coups et blessures domestiques ; l’excision, qui concerne plus de 130 millions de filles en Afrique et au Moyen-Orient ; etc.

Pour enrayer ces fléaux, avec mes sœurs de la sous-région, nous avons participé, en octobre 2017, au Forum des premières dames de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), organisé à Niamey, au Niger, et qui avait pour thème principal la lutte contre la fistule obstétricale.


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A l’issue de nos travaux, nous nous sommes bien sûr engagées à lutter contre la fistule obstétricale en Afrique de l’Ouest, mais aussi contre les mutilations génitales et l’impact des violences basées sur le genre.

Nos recommandations comprennent : le renforcement des structures de prévention et de prise en charge dans tous les pays, l’amélioration de la protection légale des femmes, le combat contre les mariages d’enfants, les viols et l’excision, l’accroissement des ressources nationales pour la prévention, ou encore le traitement et la réinsertion des filles et femmes guéries ou non de la fistule.

Mettre fin au travail des enfants

L’autre mission dont mes sœurs et moi-même sommes investies, concerne la lutte contre le travail forcé des plus jeunes. Dans le monde, 120 millions d’enfants âgés de 5 à 14 ans sont encore employés contre leur gré, majoritairement dans le secteur agricole. C’est un tiers de moins qu’en 2000 selon l’UNICEF, mais toujours 120 millions de trop. En Afrique subsaharienne, plus d’un enfant sur cinq est contraint de travailler — soit trois fois plus que dans le reste du monde.


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Si la notion de travail des enfants doit inclure toutes les formes de travail affectant les perspectives d’avenir ou la santé des enfants, elle ne doit pas, en revanche, concerner l’aide que peuvent apporter, de façon ponctuelle, des enfants à leurs parents. C’était le sens de mon intervention, devant les dirigeants de l’OIT, le 24 avril 2016 à Genève.

Il en va de l’efficacité de la lutte contre le phénomène. Il est nécessaire de se concentrer sur les pratiques qui représentent réellement un danger pour l’avenir de nos enfants.

Les premières dames d’Afrique de l’Ouest et du Sahel entendent bien faire leur part dans cette lutte. Nous nous sommes ainsi réunies à Abidjan du 16 au 18 octobre 2017, afin de lancer certaines mesures contre la traite, l’exploitation et le travail des enfants.

Conscientes de « l’ampleur des menaces au bien-être des enfants, qui compromettent la réalisation de leurs droits et qui affectent directement le développement social et économique de nos pays », nous avons pris de nombreuses résolutions.

Parmi ces mesures, le soutien « à l’établissement (…) des listes des travaux et des produits dangereux interdits aux enfants », le soutien aux « actions de sensibilisation et de communication », les contacts avec les chefs traditionnels et religieux pour qu’ils protègent mieux les enfants, la généralisation de l’école obligatoire et gratuite, « l’allocation de ressources suffisantes aux services de protection de l’enfant », ou encore la contribution « à l’autonomisation des femmes ».

Si le chemin pour atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés est encore long, notre volonté est inoxydable.

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