RDC : un agent du service des renseignements décapité dans le Kasaï

Par Jeune Afrique avec AFP

Une femme mutilée par des milices au Kasaï et réfugiée en Angola. © AP/SIPA

Dans la nuit de mardi à mercredi dans la région du Kasaï, dans le centre de la République démocratique du Congo, des présumés miliciens opposés au pouvoir à Kinshasa, ont attaqué le domicile d'un membre de la toute puissante Agence nationale de renseignements congolaise (ANR) avant de le tuer et de le décapiter.

« Aux environs de 21 heures (19H00 GMT), des miliciens armés de machettes et de calibres 12, portant des bandeaux rouges autour de la tête sont entrés dans le village de Kalamba. Ils ont attaqué la maison d’un agent de l’ANR. Ils l’ont tué avant d’incendier sa maison », a rapporté à l’AFP Jacob Pembelongo, administrateur du territoire de Mweka, dans la province du Kasaï.  La victime « a été décapitée et son corps jeté dans le feu », a ajouté le responsable

L’épouse de la victime a également été enlevée pendant quelques heures avant d’être relâchée et un pasteur a notamment été kidnappé, selon Jacob Pembelong.

Regain de tension dans la région

Après une relative accalmie, la région du Kasaï connaît un regain des violences qui ont démarré en septembre 2016. L’agent tué est la quatrième victime de ce type d’attaque ciblant des représentants des services de sécurité en seulement un mois. Des incidents qui terrifient la population. Un père catholique a par ailleurs indiqué à l’AFP que des habitants ont « fuient le village, ils sont allés soit en brousse ou dans les villages voisins par peur. »

L’administrateur a également dénoncé « un plan de déstabilisation », même si il n’a pas précisé qui pouvait bien orchestrer cette opération.

« Nous déplorons cette situation et demandons aux autorités sécuritaires de traquer ces miliciens qui sèment la panique » dans la région, a-t-il ajouté.

Quatre millions de déplacés, plus de sept millions de personnes menacées de famine, un million de femmes et d’enfants privés de soins de santé, d’école ou de travail… Les chiffres de la crise en cours dans le Kasaï donnent le vertige.

Au cours de la dernière année, celle-ci s’est considérablement aggravée, tandis que le nombre de personnes déplacées à cause des conflits et du manque de ressources humanitaires a doublé.

87 fosses communes

Le conflit au Kasaï remonte à septembre 2016, à la suite de la mort d’un chef coutumier, Kamuina Nsapu, dans un assaut des forces de sécurité. Depuis cette date, les violences des affrontement avec la milice Kamuina Nsapu a fait près de 4 000 morts, selon l’Église catholique.

L’Organisation des Nations unies (ONU) affirme également que le conflit a provoqué 1,4 millions de déplacés dans la région dont 31 000 ont tenté de se réfugier en Angola et elles recense 87 fosses communes. Deux experts de l’ONU, la Suédo-Chilienne Zaida Catalan et l’Américain Michael Sharp, ont été tués en mars alors qu’ils enquêtaient sur ces crimes ainsi que sur les fosses communes dans le Kasaï central.

Leurs assassins présumés sont jugés depuis le 5 juin 2017 devant la justice militaire au Kasaï. Le procès avait alors été suspendu dans l’attente de l’équipe des Nations unies pour un complément d’enquête.

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