Économie

Bénin : selon le FMI, la bonne performance économique cache une hausse sensible de la pauvreté

Marché Dantokpa, à Cotonou. © Gwenn Dubourthoumieu pour J.A.

Malgré la bonne performance économique du Bénin, avec 5,2 % en moyenne au cours des trois dernières années, deux rapports récemment publiés par le FMI notent une hausse sensible de la pauvreté. Celle-ci est passée de 36,2 % de la population à 40,1 % entre 2011 et 2015.

Un mois après la visite de Christine Lagarde et le déblocage de la seconde tranche de soutien financier destiné au pays, l’institution de Washington vient de publier deux rapports sur l’économie béninoise. L’occasion de revenir sur la performance économique du Bénin au cours des dernières années.

L’économie béninoise a été dynamique au cours des trois dernières années, avec un taux de croissance annuel moyen de 5,2 %. L’activité a augmenté de 4 % en 2016, après 2,1 % en 2015, tirée par le secteur agricole, qui a bénéficié de conditions météo favorables et d’un meilleur accès aux intrants. En revanche, la dépréciation du naira, couplée au ralentissement de l’activité d’égrenage du coton, a eu un impact négatif sur le secteur industriel, dont la croissance a chuté de 10,1 % en 2015 à 2,6 % en 2016. Le secteur tertiaire a progressé de 2,7 %, dans un contexte de déflation (-0,8 %).

En 2017, la croissance économique devrait s’établir à 5,6 %, avec une hausse des prix de 0,6 %, selon les dernières prévisions du FMI.

Renforcement des vulnérabilités économiques

Parmi les faiblesses de l’économie béninoise, le fonds note la hausse rapide de la dette publique domestique, qui est passée de 8,6 % du PIB en 2013, à 33,6 % en 2017, atteignant 60 % de l’endettement total. Le rapport souligne également que le Bénin connait un déficit d’investissement public, notamment dans les infrastructures, en raison de la faible capacité du pays à gérer ses dépenses.


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La vulnérabilité du secteur financier s’est accrue, avec un taux de prêts non performants qui atteint 20,3 %. Le rôle des banques commerciales dans le financement du secteur privé est limité. En cause : la faible densité de population et le poids important de l’informel. La part importante d’institutions de microfinance non licenciées – environ 495 sur un total de 721 – représente un risque pour le système bancaire.

Un accroissement notable de la pauvreté

Malgré cette bonne performance économique, la pauvreté est passée de 36,2 % de la population à 40,1 % entre 2011 et 2015. La principale explication : une productivité faible et stagnante dans le secteur agricole, qui ne permet pas de réduire la pauvreté dans les zones rurales.

Peu créatrice d’emploi, la croissance des dernières années a principalement été tirée par des secteurs plus intensifs en capital, tels que la banque, les télécommunications et les activités maritimes au port de Cotonou.

Le ralentissement économique au Nigeria a également eu un impact négatif sur la pauvreté, en réduisant les opportunités dans le domaine du commerce informel. Selon le rapport, la suppression des subventions aux carburants au Nigeria a entraîné une progression de la pauvreté dans les régions frontalières du Bénin de 34,8 % en 2011 à 50,4 % en 2015.

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