Maroc : les gagnants et les perdants des élections partielles

L'entrée du Parlement marocain, à Rabat. © Flickr / Creatives Common

Sur les vingt sièges remis en jeu après les législatives de 2016, il n'en reste plus qu’un seul à pourvoir. Si le RNI de Aziz Akhannouch et l'USFP de Driss Lachgar ont réussi à se maintenir, la partie est loin d'être gagnée pour le MP de Mohand Laenser.

Le 25 janvier prochain aura lieu le dernier round des élections partielles, suivant les législatives d’octobre 2016. Mohamed Simou, député du Mouvement populaire (MP, majorité) doit remettre en jeu son siège, suite à la décision de la Cour constitutionnelle, qui a conclu à des « violations électorales » durant sa campagne.

Comme le stipule la loi organique de la Chambre des représentants, des élections partielles sont organisées après les législatives pour remplir les sièges invalidés par la Cour constitutionnelle. Celle-ci mène son enquête sur les recours introduits par les différentes parties prenantes et décide, en fonction, si le siège doit être invalidé ou non. Une procédure qui ne cristallise pas l’attention de l’opinion publique mais qui pourrait chambouler l’équilibre des forces politiques au sein du Parlement.

Pour le parti de Mohand Laenser, Larache (170 km au nord de Rabat) sera donc le quatrième bastion à défendre aux partielles, après avoir perdu les circonscriptions de Béni Mellal et Nador, tout en conservant in extremis la circonscription de Khénifra. Une chute dans la ville de Larache conduirait la formation à voir son groupe parlementaire passer de 27 à 24 élus seulement.

Mais la partie est loin d’être gagnée d’avance. Car même si toutes les candidatures n’ont pas encore été arrêtées pour ce scrutin du 25 janvier, le MP aura certainement à croiser le fer avec l’Istiqlal. Larache est en effet le fief électoral historique de la famille du nouveau secrétaire général du parti, Nizar Baraka. D’autant plus que l’Istiqlal a lui aussi laissé des plumes lors de ces partielles qui ont ponctué l’année 2017. Sur les quatre circonscriptions invalidées, le parti n’a pu en conserver qu’une seule (Berrechid), mais a heureusement pu en conquérir une nouvelle (Oujda). Le nombre d’élus istiqlaliens passe ainsi de 46 à 44 députés.

L’USFP sauvée

D’autres formations politiques ont réussi à améliorer leur score au fil des scrutins partiels. À leur tête, vient le Rassemblement national des indépendants (RNI, majorité). Depuis sa reprise en main par Aziz Akhannouch, le parti se transforme en véritable machine électorale : son seul siège remis en jeu a été reconquis haut la main à Tardoudant et trois nouveaux sièges ont été gagnés pour permettre au RNI de passer de 37 à 40 députés.

Le parti s’est même payé le luxe de soutenir, aux partielles de Nador, l’Union socialiste des forces populaires (USFP, majorité) qui a remporté cette circonscription. Une victoire qui a permis à l’USFP de sortir définitivement de la zone de turbulences qui le menaçait de perdre son groupe parlementaire.


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En effet, après l’invalidation par la Cour constitutionnelle de l’élection de Mohamed Belfqih à Sidi Ifni, la formation socialiste s’est retrouvée avec 19 élus seulement, alors que le minimum requis pour constituer un groupe parlementaire est de 20 députés. Néanmoins, les deux nouveaux sièges remportés le 4 janvier à Guercif et à Nador mettent l’USFP définitivement à l’abri avec désormais 21 élus.

Le PAM et le PJD se maintiennent

Le Parti du progrès et du socialisme (PPS, majorité) a, lui aussi, profité des partielles pour augmenter son nombre de députés de 12 à 13.

Enfin, chez les grandes formations, ces élections partielles marquées par de faibles taux de participation n’ont eu aucune incidence sur leur poids au Parlement. Le Parti authenticité et modernité (PAM, opposition) a compensé ses cinq sièges perdus et se maintient à 102 députés, tandis que le Parti justice et développement (PJD, majorité) n’a perdu qu’un seul siège sur trois invalidés. Insignifiant pour la première force politique qui compte désormais 124 députés.

 

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