RDC : trois ans de prison requis contre les militants de la Lucha à Kananga

L'Hôtel de Ville de Kananga, dans le Kasaî-Central, en RDC, où huit militants de la Lucha ont été interpellés fin décembre 2017. © Creative Commons / Flickr / Joël Bofengo

Au tribunal de paix de Kananga, dans le Kasaï-Central, le ministère public a requis une peine de trois ans de prison ferme à l’encontre de dix militants du mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha). Ils avaient été interpellés fin décembre alors qu’ils s’apprêtaient à manifester pour exiger le départ du président Joseph Kabila.

Interpellés le 29 décembre dernier, avant d’être placés en détention provisoire, les onze militants de la Lucha sont accusés par la justice congolaise de « provocation à la désobéissance aux lois » (article 135 bis du code pénal congolais). Un chef d’infraction motivé par un arrêté du maire de Kananga, qui interdit depuis le mois de novembre les manifestations sur la voie publique.

Le parquet a requis mardi l’acquittement de l’un des onze militants arrêtés. « En réalité, il n’est même pas membre de la Lucha, explique l’avocat des militants Me Henri Shembo. Pour les autres, le ministère public estime qu’ils ont bravé en connaissance de cause l’arrêté du maire. Mais cela ne signifie pas pour autant que l’infraction est établie. Car l’arrêté du maire viole l’article 26 de la Constitution, qui garantit la liberté de manifestation. »

Une plainte contre le maire de Kananga

Les onze militants ont porté plainte le 5 janvier contre le maire de Kananga, Muamba Kantu Kanjila, qu’ils accusent de « séquestration, arrestation arbitraire, tortures, et coups et blessures ».

Deux d’entre eux auraient ainsi été passés à tabac et menacés de mort dans le bureau du maire, en présence de l’édile et du chef local de l’Agence national de renseignements (ANR).

Depuis leur arrestation, les prévenus – âgés en moyenne de 25 ans – ont entamé une grève de la faim afin « d’exprimer leur ras-le-bol » sur la partialité de la justice en RDC. « Ils sont forts moralement, car ils savent qu’un jour le Congo rayonnera », estime leur avocat.

Le verdict est attendu d’ici au 17 janvier, au plus tard.

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