Les coptes d’Égypte célèbrent Noël après une année sanglante

Par AFP

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi aux côtés du pape copte Tawadros II dans la cathédrale de la Nativité du Christ près du Caire, le 6 janvier 2018. © AFP - Khaled Desouki

Des coptes d'Égypte ont assisté en grand nombre samedi à la messe de Noël, célébrée dans la Cathédrale de la nativité du Christ sous haute sécurité, après une année marquée par des attaques jihadistes meurtrières contre cette communauté chrétienne.

La police avait renforcé la sécurité dans les églises du pays, notamment cette nouvelle cathédrale située à l’est du Caire, où le président Abdel Fattah al-Sissi s’est rendu pour l’occasion, les chrétiens de tradition orientale fêtant Noël dimanche.

Arrivé aux cotés du pape copte orthodoxe Tawadros II, Sissi est remonté jusqu’à l’autel au milieu des youyous de joie et des « nous vous aimons » criés par les fidèles.

« Nous vous aimons aussi », répond le président, qui a multiplié ces derniers mois les gestes d’ouverture en direction de la minorité chrétienne.

Les coptes représentent 10% des quelque 96 millions d’habitants de l’Égypte et sont présents dans tout le pays. Ils sont faiblement représentés au gouvernement et se disent marginalisés.

À l’occasion de cette messe de Noël, les routes avaient été barrées et d’importantes forces de sécurité déployées autour de la cathédrale, située dans une nouvelle capitale administrative actuellement en construction à l’est du Caire.

Abdel Fattah al-Sissi a qualifié cette église de « message de paix et d’amour au monde ».

Des responsables militaires et politiques ont également assisté à la liturgie, célébrée en grec ancien et en copte.

« Il nous a sauvés »

Des fidèles se prenaient en photo devant un arbre de Noël à l’entrée de l’église tandis qu’à l’intérieur, certains étaient munis de drapeaux égyptiens.

« C’est vraiment excellent (qu’il soit là). Je l’adore », confie une volontaire de l’église, Sandy Atef.

« Je l’apprécie beaucoup car il nous a sauvés des Frères » musulmans, renchérit Hedy Elwahsh, une chrétienne évangélique présente à la messe, en référence à la destitution de l’ancien président islamiste Mohamed Morsi en 2013 par l’armée, dirigée à l’époque par Sissi.

Depuis, le pays est en proie à une vague d’attaques menées par la branche égyptienne du groupe jihadiste État islamique (EI).

Des centaines de policiers et soldats, ainsi que des civils ont été tués. Les attaques à répétition contre les coptes ont fait d’eux une cible de choix pour l’EI, qui ne se contente plus seulement de viser les membres des forces de sécurité.

La série noire a démarré en décembre 2016 avec un attentat suicide contre une église du Caire, contiguë à la cathédrale Saint-Marc, siège du pape de l’Église copte orthodoxe Tawadros II. Bilan 29 morts.

Puis, sous la menace d’extrémistes, des dizaines de familles coptes ont fui en février la région bouclée du Nord-Sinaï.

En avril, deux autres attentats, contre deux églises à Tanta et Alexandrie (nord), ont fait 45 morts.

En mai, au moins 28 personnes, dont de nombreux enfants, ont été tuées dans l’attaque d’un bus transportant des pèlerins vers un monastère copte, dans la province de Minya, à plus de 200 km au sud du Caire.

Dernière attaque en date, une fusillade revendiquée par l’EI a fait neuf morts dans une église au sud du Caire la semaine dernière.

Samedi en pleine messe de Noël, le président Sissi s’est efforcé de rassurer la communauté copte en insistant sur l’unité de l’Égypte: « Vous êtes notre famille, vous êtes des nôtres, nous sommes unis et personne ne nous divisera ».

Déjà 200 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici