Sécurité

Tunisie : six mois de prison pour avoir propagé une rumeur sur le décès du président

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi, lors d'un discours à Tunis, en mai 2017. © Hassene Dridi/AP/SIPA

Les deux internautes à l’origine de la fausse rumeur sur le décès du président Béji Caïd Essebsi ont été condamnés ce mercredi à six mois de prison ferme par le tribunal de Jendouba. Une décision sévère, selon certains observateurs.

Six mois de prison ferme et cinq mille dinars d’amende : c’est le verdict, tombé ce mercredi 5 janvier, du procès des deux internautes, Mongi Ejdidi et Abderrazak Khazri. En novembre dernier, ces deux internautes avaient diffusé sur internet une fausse rumeur concernant la mort du président Béji Caïd Essebsi.

Selon les proches du président, une troisième personne impliquée dans l’affaire avait également été identifiée en novembre 2017. Il s’agit d’une femme originaire de Gafsa, mais qui n’avait toujours pas été arrêtée.

Leurs chefs d’inculpation : « offense au chef de l’État » et « propagation de fausses informations », selon des informations recueillies par l’AFP, auprès de Nourreddine Habbachi, porte-parole du tribunal de Jendouba (nord-est du pays).

Selon Mosaique FM, Slah Ezzaïbi, l’un des avocats de la défense, a déclaré que la condamnation était totalement injustifiée vis-à-vis du contenu du dossier et qu’elle ne se basait sur « aucune légitimité légale ».

Un groupe de soutien a également été créé depuis le début de l’affaire pour épauler les deux jeunes hommes dans leurs déboires judiciaires. Ils diffusent depuis sur leur page Facebook les images de leurs différentes démonstrations de solidarité.

Le déclenchement de l’affaire

Dans la soirée du 17 novembre dernier, le décès du président de la République a été annoncé sur les réseaux sociaux, via une publication Facebook, frappée d’un logo de France 24. Cette information s’est ensuite avérée être totalement fausse.

La chaîne d’information a elle-même réagi, en déplorant l’utilisation de son logo dans des intox diffusées sur les réseaux sociaux, sans faire directement mention de cette affaire. Elle a ensuite fait savoir qu’elle n’était pas à l’origine de la publication. France 24 a également ajouté qu’elle comptait porter plainte contre les usurpateurs.

Une affaire « politique » et une « tentative de semer la confusion et la zizanie dans le pays »

De son côté, un conseiller auprès de la présidence a, lui aussi, très vite démenti l’information. Toutefois, la présidence de la République ne s’est pas contentée de démentir l’information. Elle a directement eu recours à la justice contre les personnes réellement impliquées, qui ont rapidement été identifiées : un agent d’accueil âgé de 29 ans et un fonctionnaire de 30 ans, originaires du nord-ouest.

Les proches du président s’emballent

Les proches du président n’ont pas pris cet incident à la légère, jugeant qu’il touchait à une institution sacrée de l’État et que cela ne pouvait être considéré comme une simple plaisanterie.

Le 20 novembre dernier, sur les ondes de Shems Fm, Saïda Guerrach, porte-parole de la présidence, n’a pas mâché ses mots concernant cette affaire. Pour elle, il ne s’agit pas d’une publication « innocente » mais bien d’une affaire « politique » et d’une « tentative de semer la confusion et la zizanie dans le pays ». Elle s’est aussi désolée de la fréquence des rumeurs concernant la santé du président et a donc assuré qu’il fallait y mettre un terme, une fois pour toutes, par le biais de justice.

Perturber le travail de la présidence

Elle avait également déclaré que les deux personnes avaient reconnu appartenir « à un certain parti politique », tout en refusant de dire s’il s’agissait d’un parti clairement identifié.

Noureddine Ben Ticha, conseiller auprès de la présidence, a tenu le même discours sur Mosaique FM et a accusé ce type de rumeur de vouloir « perturber le travail de la présidence, de semer la pagaille et ternir l’image du pays à l’étranger. »

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