« Marche du pain noir » au Maroc : « L’appel de Jérada a été entendu »

Par Jeune Afrique avec AFP

Manifestation à Jérada le 26 décembre 2017. La population demande une "alternative économique", de l'emploi et la fin de la marginalisation. © YouTube/Hespress

Près de deux semaines après le début du mouvement social contre les élites politiques locales de Jérada, le gouvernement marocain a promis ce jeudi de mettre en place un « nouveau plan de développement » pour cette région du nord-est marocain, plongée dans le marasme économique depuis la fermeture des mines, à la fin des années 1990.

Le ministre de l’Énergie, Aziz Rebbah, avait été missionné mercredi 3 janvier pour tenter de jouer les pompiers à Jérada, où la population manifeste quotidiennement depuis le 22 décembre après la mort accidentelle de deux mineurs dans un puits de charbon clandestin. Face à ce mouvement, auto-baptisé « marche du pain noir », le gouvernement assure que « l’appel de Jérada a été entendu », dans un communiqué publié ce jeudi 4 janvier.


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Dans ce texte, le ministère de l’Énergie assure accueillir « favorablement les demandes de la population de Jérada » et s’engage à mettre en place « un plan de travail précis » pour « améliorer la situation économique et sociale de la province ». Une série de « mesures immédiates » sont annoncées pour répondre à certaines revendications du mouvement.

Aux récriminations portant sur le montant des factures d’eau et d’électricité, le gouvernement s’engage à « revoir les impayés » et à favoriser les paiements échelonnés.

Les notables, cible des manifestants

Pour répondre aux accusations portant sur l’enrichissement de certains notables locaux – dont des élus, selon les manifestants – soupçonnés d’exploiter illégalement les mines de charbon fermées, le gouvernement a promis de « renforcer le contrôle des détenteurs de permis d’exploitation ». Le communiqué affirme également que des mesures sont envisagées pour « améliorer les conditions économiques des travailleurs en garantissant leur sécurité ».

Reste le problème de fond. La région ne s’est jamais relevée de la fermeture de la mine d’anthracite, en 1998, qui a employé jusqu’à 9 000 mineurs. « La population demande une alternative économique au-delà de la mine », insistait hier Said Zeroual, membre de la section locale de l’Association marocaine des droits humains (AMDH). Le gouvernement assure vouloir engager « un nouveau plan de développement participatif pour créer des emplois » et établir « une nouvelle cartographie des ressources minières potentiellement exploitables ».

Les quelque 80 représentants des manifestants qui ont rencontré le ministre, mercredi, ont prévu désormais de présenter ce volet de mesures à leur base.

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