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Cet article est issu du dossier «Putsch déjoué en Guinée équatoriale : qui voulait la chute d'Obiang ?»

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Défense

Guinée équatoriale : affrontements entre des « mercenaires » et des militaires

Le président Teodoro Obiang Nguema, 74 ans, dirige sans partage le pays depuis 1979. © PIUS UTOMI EKPEI / AFP

Des affrontements ont eu lieu opposant les forces de sécurité équato-guinéennes à des « mercenaires » près des frontières de la Guinée équatoriale avec le Cameroun et le Gabon. des combats qui sont intervenus peu après que Malabo a affirmé avoir déjoué un « coup d'État » fin décembre.

Les forces de sécurité de Guinée équatoriale ont tué mercredi un « mercenaire » au cours d’affrontements dans une forêt équato-guinéenne aux frontières avec le Cameroun et le Gabon entre des « mercenaires » et l’armée, a indiqué la télévision d’Etat.

Cependant, beaucoup d’élément restent pour l’instant inconnus : le nombre des « mercenaires » présents dans la forêt autour de la ville d’Ebibeyin, au carrefour des frontières entre le Gabon, le Cameroun et la Guinée équatoriale n’a pas été précisé, ni d’où ils venaient.

Coup d’État avorté

Cet incident survient alors que plus tôt dans la journée, le ministre de la Sécurité, Nicolas Obama Nchama, avait annoncé dans un communiqué lu à la radio d’Etat qu’un « coup d’État » avait été déjoué. Selon lui, un groupe de mercenaires étrangers – tchadiens, soudanais et centrafricains -, à la solde de partis de l’opposition radicale, ont voulu le 24 décembre « attaquer le chef de l’État qui se trouvait dans le palais présidentiel de Koete Mongomo pour passer les fêtes de fin d’année ».

Le Président guinéen à d’ailleurs lui même confirmé en premier cette information lors de ses voeux, samedi 30 décembre. « On est en train d’organiser une guerre car ils disent que j’ai passé beaucoup de temps au pouvoir », avait-il alors déclaré.

Cette tentative de coup d’État survient plus d’un an après la réélection de Teodoro Obiang Nguema, âgé de 75 ans, à la tête du pays, à plus de 90% des suffrages en avril 2016. Au pouvoir depuis 1979, il reste le doyen des chefs d’État africains pour la longévité au pouvoir.


>>> A LIRE – Guinée équatoriale : tentative de coup d’État déjouée contre Obiang Nguema


Des signes avant-coureurs

Le doute sur les risques d’un coup d’État flotte depuis que des premières informations ont filtré la semaine dernière concernant l’arrestation par la police camerounaise d’une trentaine d’hommes armés. Cette arrestation se serait déroulée le 27 décembre, à la frontière avec la Guinée équatoriale, non loin du lieu où se sont produits les récents affrontements entre les mercenaires et les forces de sécurité, selon des sources camerounaises et diplomatique équato-guinéenne.

L’ambassadeur de Guinée équatoriale au Tchad, Enrique Nsue Anguesom, en villégiature à Ebibeyin pour les fêtes de fin d’année, a été également arrêté le 30 décembre  « pour des raisons d’enquête concernant les hommes interpellés », comme l’ont rapporté à l’Agence France Presse (AFP) un de ses cousins et un haut responsable policier s’exprimant sous couvert de l’anonymat.

Les patrouilles militaires et policières ont aussi été « renforcées » dans la capitale Malabo depuis le 30 décembre selon le site internet de l’ambassade de France en Guinée équatoriale. D’après des informations rapportées par l’AFP dimanche 31 décembre 2017, les frontières à Ebibeyin ont aussi été fermées selon des sources locales.

Cependant aucune de ces informations n’a pour l’instant été confirmée par les autorités guinéennes.

L’opposition inquiétée ?

Alors que le ministère de la sécurité avait affirmé l’implication de certains partis d’opposition dans cette tentative de coup d’État « avec le soutien de certaines puissances », le principal parti d’opposition de Guinée équatoriale, Citoyens pour l’innovation (CI), s’est directement défendu mercredi de toute implication dans les troubles présumés.

« Je ne sais pas ce qu’ils vont inventer, le montage qu’ils vont faire » suite à cette « histoire de coup d’État », s’est inquiété M. Nse Obiang, leader du parti CI, au près de l’AFP.

Si le CI reste le principal parti d’opposition, il ne dispose que d’un seul siège sur les 100 sièges au parlement, les 99 autres ont tous été remportés par le pouvoir en place lors des élections générales du 12 novembre. Néanmoins depuis ces élections, le parti dénonce des « dizaines » d’arrestations de ses militants, dans les capitales politique Malabo et économique Bata.

« Est-ce que le problème est d’être un parti d’opposition sérieux qui ne veut pas faire le jeu du régime ? », s’est encore interrogé M. Nse Obiang, affirmant que le siège de son parti – où des militants se sont regroupés – était « assiégé » depuis le 29 décembre.

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