Mali : IBK face aux critiques des groupes armés et de l’opposition

Par Jeune Afrique avec AFP

Le président Ibrahim Boubacar Keïta, le 29 octobre 2015. © Saurabh Das/AP/SIPA

Tandis que les groupes armés ex-rebelles et loyalistes critiquent l’absence de consultation préalable à la formation du nouveau gouvernement malien, le chef de l’opposition dénonce la proposition d'IBK de loi d’entente nationale qui ne serait lui selon qu’une « manœuvre politicienne ».

Dans un communiqué conjoint, l’ex-rébellion à dominante touarègue de la Coordination des mouvements de l’Azawad et le rassemblement de groupes armés pro-gouvernementaux Plateforme des mouvements du 14 juin 2014 ont pris acte de la formation d’un nouveau gouvernement par Soumeylou Boubèye Maiga.

Ces deux organisations critiquent néanmoins l’absence de consultation préalable, au contraire de ce qu’avait fait certains chefs de gouvernement auparavant, afin de prendre en compte les aspirations profondes des populations du nord. Signataire de l’accord de paix de 2014, ces groupes conservent dans le nouveau gouvernement la même représentation que précédemment, contrôlant des ministères tels que la Réconciliation nationale, l’Administration, le Développement industriel, l’Artisanat et le Tourisme sans toutefois obtenir de portefeuille régalien.

Lors de la passation de pouvoir qui a eu lieu mardi 2 janvier, le nouveau Premier ministre Soumeylou Boubèye Maiga et son prédécesseur, Abdoulaye Idrissa Maiga, ont « émis le vœu ardent de voir la nouvelle équipe gouvernementale remporter de nouvelles victoires sur les chantiers de la paix et de la cohésion sociale, de l’amélioration des conditions de vie et surtout de la lutte implacable contre les groupes terroristes qui endeuillent chaque jour » le pays.

La loi « d’entente nationale » ? « Une manœuvre politicienne » pour le chef de l’opposition

Dans ces vœux pour la nouvelle année, le président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) a déclaré qu’une loi « d’entente nationale » exemptant de poursuites « tous ceux impliqués dans une rébellion armée », à condition qu’ils n’aient « pas de sang sur les mains » verrait bientôt le jour.

En réaction, Soumaila Cissé, le chef de file de l’opposition a critiqué ce qu’il qualifie de manœuvre politicienne. « Je ne comprends pas qu’il faille attendre la fin de son mandat » et qu’il jette cela « comme une sorte de scoop à la veille des élections » prévues dans le courant de l’année, a-t-il déclaré à l’AFP. Selon lui, Keïta travaille surtout à sa réélection en 2018 : « Le président serait bien avisé de ne pas faire croire aux gens « Je suis sur la bonne voie. Elisez-mois et je vais finir le travail » » a ajouté Cissé, qui avait échoué au second tour de l’élection présidentielle en 2013.

IBK n’a pas dit s’il serait candidat à l’élection présidentielle normalement prévue en 2018 dont la date n’a pas encore été fixée.

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