Droits de l’homme

Maroc : le ministre de l’Énergie et des Mines, Aziz Rebbah, en pompier à Jérada

Marche du pain noir à Jérada le 31 décembre 2017. © YouTube/Ali Kharroubi

Désavoués par la population, les partis politiques tentent d'investir le terrain de la négociation. Mais les gueules noires ont désigné leurs propres représentants.

Le ministre de l’Énergie et des mines, Aziz Rebbah, doit se rendre à Jérada ce mercredi 3 janvier, confirme à Jeune Afrique son entourage. C’est le premier membre du gouvernement à se déplacer dans cette ancienne ville minière qui proteste contre la mort de deux mineurs, vendredi 22 décembre, dans un puits de charbon clandestin. En tant que ministre des Mines, il devra mener des rencontres avec les acteurs locaux au sujet de l’activité minière, dont l’arrêt en 1998 a plongé la ville dans la précarité et le chômage.

« La population demande une alternative économique au-delà de la mine. Nous sommes face à un enjeu de développement qui exige la présence d’une délégation ministérielle plus élargie », fait remarquer Said Zeroual, membre de la section locale de l’Association marocaine des droits humains (AMDH). Estimant que les partis politiques n’ont pas su porter sa voix, la population a désigné ses propres représentants pour dialoguer avec les autorités locales. Lundi 1er janvier, chaque quartier de la ville a désigné un comité de deux ou trois personnes pour participer à l’élaboration d’un cahier revendicatif global qui sera soumis au gouvernement.

« La marche du pain noir »

En tout, près de 80 personnes, représentant les quartiers et les villages avoisinants, ont été désignées par les foules pour élaborer une liste de propositions « d’alternatives économiques » à cette région ouvrière tombée dans l’oubli. Une opération qui s’est déroulée sans encadrement politique ou associatif. Tous les jours, depuis cette mort accidentelle qui a ému la ville, les gens organisent des sit-in devant la municipalité, dirigée par un élu du parti Authenticité et modernité (PAM, opposition) ou dans la place centrale de la ville.

 

Dimanche, inaugurant une nouvelle forme de protestation, ils ont manifesté en tenue d’ouvrier, visages et mains noircis à la mémoire des deux mineurs décédés. Tenant à la main du pain et soulevant des cercueils, ils ont baptisé leur mouvement « la marche du pain noir ».

Les autorités locales ont réagi samedi 30 décembre, une semaine après le déclenchement des manifestations. Ce jour-là, le wali de la région de l’Oriental, Mouad Jamai, a effectué une série de rencontres avec les élus et les associations de la région pour écouter leurs doléances et se mettre d’accord sur la mise en place de plans de développement pour la province. Il a déclaré que l’appel de Jérada avait été entendu et que le gouvernement assumerait ses responsabilités.

 

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