Ouganda : Museveni ratifie la loi supprimant l’âge limite pour la présidence

Par Jeune Afrique avec AFP

Yoweri Museveni, le président ougandais, le 12 septembre 2015 à Tokyo. © Eugene Hoshiko/AP/SIPA

Le chef de l'État ougandais Yoweri Museveni a ratifié la semaine dernière la loi lui permettant d'être à nouveau candidat en 2021, mais l'information n'a été rendue publique que ce mardi.

« Le président a donné son consentement au projet de loi et il a maintenant force de loi », a déclaré ce mardi un porte-parole du président ougandais, Don Wanyama, officialisant ainsi la ratification du texte. « La loi précédente était discriminatoire par nature et cela a été réglé pour le bien des Ougandais », a-t-il ajouté.

Cette réforme constitutionnelle très controversée, qui supprime l’âge limite fixé jusqu’alors à 75 ans pour être élu président, avait été approuvée le 20 décembre par le Parlement, par 315 voix contre 62, et deux abstentions.

Le texte réintroduit une limite au nombre de mandats présidentiels, qui avait été supprimée en 2005. Mais cette limite, fixée à deux mandats, n’entrera en vigueur qu’après la prochaine élection, ce qui pourrait permettre Museveni de se présenter à nouveau à deux reprises.

L’opposition dénonce une loi taillée pour Museveni

La ratification de la loi « n’est pas une surprise. C’est un plan bien orchestré pour avoir Museveni au pouvoir à vie », a déclaré le chef de l’opposition, Kizza Besigye. « Museveni est le principal bénéficiaire de cette fraude constitutionnelle », a-t-il ajouté.

Cette loi prévoit également que le mandat des députés soit allongé de deux ans, passant de cinq à sept années, ce qui repousse ainsi les prochaines législatives à 2023.

Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986, n’en est pas à son coup d’essai. En 2005, la Constitution avait été modifiée pour supprimer la limitation à deux mandats présidentiels, lui permettant ainsi de briguer ses troisième, quatrième et cinquième mandats.

Le président avait alors soutenu que le Parlement était indépendant et qu’il respecterait la volonté du peuple, un argument réutilisé douze ans plus tard.

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