Droits de l’homme

Marocains coincés en Libye : un rapatriement sous haute surveillance

Manifestation contre l'esclavage en Libye, devant l’ambassade libyenne à Paris, le 24 novembre 2017. © Thibault Camus/AP/SIPA

L’opération de retour des Marocains coincés en Libye prend du temps. Les sécuritaires redoutent une infiltration de terroristes parmi les rapatriés.

« C’est une opération qu’il faut mener avec prudence ». C’est ainsi que ce responsable sécuritaire décrit l’opération de rapatriement de centaines de Marocains coincés depuis plusieurs mois en Libye. Le ministère délégué chargé des Marocains résidant à l’étranger et des Affaires de la migration a déjà réussi une première vague, ayant permis le retour de 235 Marocains bloqués dans la région de Zouara au nord-ouest de la Libye.

« Un avion a été affrété pour cette opération et toute la logistique nécessaire a été assurée pour garantir le transfert des rapatriés jusqu’à leurs villes de résidence », assure une source du département géré par Abdelkrim Benatiq.

De retour chez eux, ces Marocains, dont la plupart tentaient la traversée vers l’Italie, ont pu témoigner du calvaire qu’ils ont vécu pendant plusieurs semaines entre les mains de passeurs, et qui les ont réduits à l’esclavage.

Un risque appelé Daesh

Mais avant ce rapatriement, les autorités ont pris toutes les précautions nécessaires. La Direction des affaires consulaires et sociales relevant du même ministère a été mobilisée pour se rendre à Zouara en vue d’entreprendre toutes les procédures préliminaires pour l’identification formelle des Marocains souhaitant rentrer au pays. « Le Bureau central d’investigation judiciaire (BCIJ) s’intéresse de près aux Marocains retenus en Libye. Il craint que des activistes de Daesh ne profitent de ces vagues de rapatriement pour s’infiltrer au royaume », confie une source du ministère des Affaires de la migration. Ceci a pour effet de ralentir le rythme de rapatriement, notamment la troisième vague en cours qui concerne plus de 300 Marocains.

Ces opérations de rapatriement ont été ordonnées suite à la diffusion d’un reportage vidéo de la chaîne américaine CNN, montrant des migrants subsahariens vendus comme des esclaves en Libye. Un reportage qui a provoqué une onde de choc mondiale, y compris dans les rangs africains.

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