Politique

RDC : l’armée ougandaise attaque des camps du groupe rebelle ADF dans l’est du pays

Des soldats de l'armée ougandaise dans les rues de Kampala en 2016. © Ben Curtis/AP/SIPA

Actifs sur le sol congolais depuis 1995, les ADF luttent contre le pourvoir du président Yoweri Museveni, en place depuis 1986.

Quinze jours après la mort de 14 Casques bleus tanzaniens, tués dans la nuit du 7 au 8 décembre dans un raid contre leur base de Semuliki, dans la province du Nord-Kivu en RDC, attribué à de présumés membres de l’Allied Democratic Forces (ADF), l’armée ougandaise (UPDF) a annoncé avoir lancé ce vendredi 22 décembre des attaques contre des camps du groupe rebelle.

L’UPDF a précisé dans un communiqué que ces attaques ont été réalisées « par mesure préventive ». Disant se baser sur des « informations partagées entre l’Ouganda et la République démocratique du Congo (RDC) », l’armée ougandaise explique que des membres de l’ADF, un groupe de rebelles ougandais musulmans, « prévoyaient de mener des actions hostiles contre l’Ouganda ».

Les Forces démocratiques alliées sont un groupe armé ougandais, actif sur le sol congolais depuis 1995, qui lutte contre le régime du président Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 31 ans en Ouganda. Il se présente dans sa forme actuelle depuis fin 2007, après la dissolution de l’Armée nationale de libération de l’Ouganda (Nalu), qui fut longtemps son alliée.

Accusés de la mort de 700 civils depuis octobre 2014

Les ADF sont soupçonnées d’être les auteurs de la série de tueries perpétrées dans le territoire de Beni depuis octobre 2014 et d’être responsables de la mort de plus de 700 civils dans la région de Beni et ses environs, dans le Nord-Kivu. L’attaque contre le base de la Monusco à Semuliki était la plus meurtrière contre une force onusienne dans le monde depuis 24 ans.

Créées pour défendre les droits de musulmans s’estimant bafoués par l’homme fort de Kampala, les ADF avaient été progressivement repoussées vers l’Ouest par l’armée ougandaise, jusqu’à s’installer en RDC.

Les autorités ougandaises, puis de RDC, ont tenté de lier les ADF – coutumières d’une violence aveugle – à l’internationale jihadiste, mais aucun expert travaillant sur la RDC n’a réussi à établir un tel lien.

Les ADF sont l’un des nombreux groupes armés actifs dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, les deux provinces orientales de la RDC frontalières de quatre pays (Ouganda, Rwanda, Burundi, Tanzanie) et de trois grands lacs (Édouard, Kivu et Tanganyika).

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