Tunisie : la nouvelle Fédération du textile affiche ses objectifs

Par - à Tunis

Lors du lancement de la Fédération tunisienne du textile et de l'habillement (FTTH), en mai 2017. © DR / FTTH

La Fédération tunisienne du textile et de l'habillement (FTTH), crée en mai 2017 après une brouille au sein de l'Union tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat (Utica), fixe ses objectifs : améliorer la compétitivité, promouvoir la « coresponsabilité » avec les syndicats de travailleurs et redorer une image ternie.

Après avoir tenu son congrès national et désigné ses représentants, le 17  décembre, la Fédération du textile et de l’habillement (FTTH) a dévoilé sa feuille de route. Cette organisation est née en mai 2017 d’une scission des industriels du textile de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), principale organisation du patronat tunisien.

Sans couper les canaux de discussions avec le syndicat patronal, les dirigeants du secteur textile jugeaient que les majorations salariales accordées aux travailleurs par l’Utica étaient trop importantes. Les fondateurs de la FTTH affirme également avoir rencontré des difficultés à faire entendre les intérêts particuliers des industriels du textile au sein de cette organisation généraliste.

Dans ses statuts, la FTTH s’est donc doté d’une structure différente de celle de l’Utica, qui prend en compte les régions, avec l’instauration de 9 conseils régionaux, ainsi que les petites entreprises et les services annexes à l’industrie textile, tout en assurant veiller à l’équilibre des représentativités des différentes filières, telles que la filature ou le tissage.

« Cela permettra de faire émerger de nouvelles figures, un nouveau langage pour une autre dynamique dans le secteur », affirme Nafaa Ennaifer, directeur général de TFCE Group et vice-président de la FTTH.

Plus de 500 membres, représentant 45 000 emplois

Nafaa Ennaifer revendique plus de 500 membres, « réunis autour de valeurs communes » et représentant « 45 000 emplois ». La FTTH s’est dotée d’une charte qui impose notamment la transparence de ses activités.

L’option affichée est celle d’un repositionnement en termes de marchés et de produits, associé à une stratégie nationale pour la relance de la productivité et un suivi des 23 mesures de soutien au textile annoncées par le gouvernement en juin 2017.

La FTTH se veut également un acteur social et voudrait établir un principe de « coresponsabilité » avec la centrale ouvrière de l’UGTT pour assurer la pérennité des entreprises.

Son troisième cheval de bataille est de reconstruire l’image du secteur textile, affecté par les turbulences depuis la révolution de 2011. La FTTH plaide pour un secteur plus compétitif, avec un vrai savoir-faire, où les entreprises sont « dynamiques et citoyennes » à même de fixer le cap à d’autres industries.

La mise en place de cette nouvelle Fédération se fait dans un contexte de rebond pour la filière, grâce à une compétitivité accrue et la volonté européenne de rééquilibrer les échanges avec la Chine et la Turquie.

Le textile est le second poste d’exportation de la Tunisie, après les industries mécaniques et électriques, participant à plus de 20 % du PIB tunisien avec 1 600 entreprises, 160 000 emplois et 2,2 milliards d’euros de chiffre d’affaire à l’export, dont 96 % est destiné à l’Europe. Des chiffres qui disent l’importance stratégique du textile dans l’économie tunisienne.

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