Banderole anti-saoudienne en Algérie : Ahmed Ouyahia n’a pas présenté d’excuses officielles à Riyad

Ahmed Ouyahia lors d'un discours à Alger le 11 juin 2017. © Sidali Djarboub/AP/SIPA

Contrairement aux affirmations de l'ambassadeur saoudien à Alger, le Premier ministre algérien s'est contenté de dire que la banderole anti-saoudienne n'engageait en rien son gouvernement et son pays. Le mot « excuse » n'a pas été prononcé.

Contrairement à ce qui a été annoncé, mardi 19 décembre, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia n’a pas prononcé d’excuses officielles à l’Arabie saoudite suite à une banderole anti-saoudienne brandie lors d’un match de foot à Ain M’llila (400 km au sud est d’Alger), nous confie une source au Palais du gouvernement.

Ce jour-là, les deux équipes phares de cette ville s’affrontaient dans un match. Des supporteurs ont alors déployé un immense tifo affichant une image mêlant les portraits du roi Salman et du président américain Donald Trump, apposé à côté de l’image de la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem avec comme slogan : « les deux faces d’une même pièce ». La banderole accusait le roi saoudien, allié des États-Unis, de soutenir la décision américaine.

Pas d’excuse

Mardi 19 décembre, l’ambassadeur algérien à Riyad, Sami El Saleh, avait alors publié un tweet affirmant que le Premier ministre algérien avait présenté « les excuses du gouvernement, des autorités et du peuple algérien pour les actes irresponsables qui ont eu lieu dans un stade et qui ne reflètent pas l’opinion du peuple algérien » au président de l’Assemblée consultative saoudienne Majliss Achoura qui l’avait reçu en journée.

« Formellement, il n’y a pas eu d’excuses », nous confie l’entourage d’Ouyahia. « Le Premier ministre avait juste assuré à son invité saoudien que ces actes n’engageait en rien l’Algérie et le gouvernement algérien », ajoute-on.

Mais une enquête

Suite à l’incident à Ain M’llila, le ministre de la Justice, Tayeb Louh, avait annoncé l’ouverture d’une enquête qualifiant cette banderole « d’acte individuel et isolé ». Mais le gouvernement n’a publié aucun communiqué officiel sur les excuses qui lui ont été attribuées.

L’ambassadeur algérien aurait-il fait de l’excès de zèle ?  Le Premier ministre algérien pourrait en tout cas éclaircir sa position, samedi 23 décembre, lors de la signature d’une charte de partenariat public-privé qui réunira le gouvernement algérien, l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) et le Forum des chefs d’entreprises (FCE).

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