Côte d’Ivoire : le président de la CAF accueilli fraîchement en pleine crise de la Fédération ivoirienne de football

Le président de la CAF, Ahmad Ahmad, lors d'une conférence de presse le 16 mars 2017. © STR/AP/SIPA

Ahmad Ahmad, président malgache de la Confédération africaine de football (CAF), vient de clore une visite en Côte d’Ivoire sur les préparatifs de la CAN 2021. Il y a été témoin privilégié de la crise qui secoue la Fédération ivoirienne de football.

Ahmad Ahmad était en Côte d’Ivoire les 18 et 19 décembre pour faire le point sur l’avancement des préparatifs de l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) dont le pays sera l’hôte en 2021. Le patron du football africain est arrivé dans un contexte de tensions. La Fédération ivoirienne de football (FIF) est plongée dans une crise profonde : son président, Augustin Sidy Diallo, est en effet confronté à un mouvement de  contestation de dirigeants de clubs et de membres du bureau exécutif de l’instance fédérale.

Guerre interne

Les contempteurs d’Augustin Sidy Diallo réclament sa démission, lui attribuant une part de responsabilité dans la non qualification des Éléphants au Mondial 2018 en Russie. Au sein de cette fronde, l’un des principaux dissidents est son prédécesseur et actuel président d’honneur de la FIF, Jacques Anouma.

Sidy Diallo a même tenté – en vain – de limoger des membres du comité exécutif, notamment Malick Tohé, troisième vice-président en charge de la promotion et du marketing, ou encore le magistrat Adama Dicoh, chargé de la discipline.


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Des manœuvres qui ont échoué et ont conduit à une crispation des positions, malgré l’appel au dialogue et au rassemblement lancé par le président de la FIF. Des présidents de clubs mythiques comme Roger Ouegnin de l’Asec d’Abidjan, Antoine Bahi de l’Africa ou Salif Bictogo du Stella Club d’Adjamé ont pris leurs distances avec Sidy Diallo.

Les tensions se sont ressenties lors du séjour d’Ahmad Ahmad. D’abord, à son arrivée à l’aéroport international Félix-Houphouet-Boigny de Port Bouet, où aucun engouement des dirigeants ne s’est fait sentir dans une Côte d’Ivoire pourtant habituellement très hospitalière pour ses invités marques.

Seul Sidy Diallo, accompagné d’une poignée de membres de son clan – Sory Diabaté, premier vice-président, Georges Philippe Ezaley, responsable de la commission gestion, et Feh Kessé, président du Comité d’organisation de le CAN 2021 – ont accueilli Ahmad Ahmad.

Politique de la chaise vide

Le président de la CAF a également été reçu en audience par le chef de l’État Alassane Ouattara en fin de matinée le 19 décembre, en compagnie de Sidy Diallo, avant de d’animer une conférence de presse dans un grand hôtel d’Abidjan. Une rencontre avec la presse lors de laquelle le siège de la FIF est resté désespérément vide…

La Fédération a annoncé n’avoir pas été invitée, alors que Sidy Diallo avait été de toutes les étapes de la visite. Dans la salle de conférence, Roger Ouegnin, Jacques Anouma et Malick Tohé, les adversaires du président de la FIF, étaient par contre présents. « Le Président fuit les dirigeants qui osent l’affronter. C’est pourquoi il a boudé la conférence », soutient une source qui a requis l’anonymat.

Ahmad Ahmad – qui n’a pas hésité à tacler le Cameroun, prochain pays hôte de la CAN 2019, qui tâtonne encore – a au contraire souligné qu’en Côte d’Ivoire, malgré les déchirements au sein de la FIF, le Comité d’organisation de la CAN 2021 a été installé et que des appels d’offres internationaux pour la construction des infrastructures sportives et d’hébergements ont effectivement été lancés.

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