Politique économique

Cedeao : Kaboré défend la création de la monnaie unique dès 2020

Les chefs de gouvernements de la Cedeao réuni à Abuja pour le sommet de l'organisation à Abuja le 16 décembre 2017. © DR / Cedeao

En marge du sommet d'Abuja, ce week-end, le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré a défendu le principe d'une mise en place progressive de la monnaie unique de la Cedeao dès 2020. Une nouvelle feuille de route guidant sa création doit être dévoilée en février 2018.

« L’option a été toujours maintenue que 2020 doit être la date de la création de la monnaie de la Cedeao » a martelé le président du Burkina Faso lors du 52ème sommet de la Cedeao qui s’est tenu à Abuja le 16 décembre. Roch Marc Christian Kaboré a cependant précisé que cette date était indicative et que la transition vers la future monnaie commune promise se fera « de façon progressive ».

Le chef de l’État avançant même que « tous les pays qui pourront répondre aux critères de convergence vont commencer à battre la monnaie Cedeao, en attendant que les autres pays puissent se conformer et intégrer le processus de cette monnaie-là ».

Nouvelle feuille de route en février

Sur ces questions monétaires, la conférence a « salué les progrès réalisés par l’ensemble des institutions de la Cedeao impliquées dans la conduite des activités de la monnaie unique de la Cedeao et a réaffirmé son engagement dans la poursuite et l’accélération de la réalisation » de l’agenda de l’intégration économique et monétaire de la Cedeao.

Le président burkinabè n’a fait ici que rappeler l’objectif de l’organisation régionale, qui a décidé en janvier 2015 du lancement de la monnaie unique en 2020, après quatre reports successifs en 2003, 2005, 2009 et 2015.

Entérinant la fin du franc CFA et des monnaies nationales des États non-membres de l’Uemoa, la création de cette union monétaire doit passer préalablement par une convergence des économies de la région, avec des critères à respecter, tels qu’un déficit public ne dépassant pas 3 % du PIB et un taux d’inflation inférieur ou égal à 5 %.


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Constatant le non-respect de ces objectifs, la quatrième réunion de la task force présidentielle sur le programme de la monnaie unique de la Cedeao, qui s’est tenue à Niamey le 24 octobre dernier, a décidé de se donner jusqu’à février 2018 pour proposer une nouvelle feuille de route en vue d’accélérer la création de la monnaie unique en 2020.

D’après le communiqué final de la rencontre, « une approche graduelle privilégiant un démarrage avec les pays qui respectent les critères de convergence devrait être étudiée. »

Deux lignes antagonistes

Vincent Fournier/J.A

La monnaie unique Cedeao ne doit pas être l’Arlésienne toujours annoncée mais jamais arrivée

En attendant février 2018, deux lignes semblent apparaître parmi les dirigeants ouest-africains.

D’un côté, le président du Nigéria Buhari, qui se montre pessimiste quant-à la possibilité de créer une zone monétaire unique. Selon lui, les fondamentaux économiques ont continué à diverger au cours des années, rendant plus difficile la réalisation du projet d’ici 2020. Buhari souhaite donc procéder « prudemment » sur la question de l’intégration, « en tenant compte de ces problèmes et de ce qui se déroule actuellement dans l’Union européenne ».


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De l’autre, le président du Niger Mahamadou Issoufou prône au contraire une approche plus incrémentale, souhaitant la mise en œuvre de la monnaie unique de la Cedeao dès 2020 pour les pays « techniquement prêts », avec une adhésion des autres États au fur et à mesure, sur le modèle de l’élargissement de la zone euro. Pour lui, « la monnaie unique Cedeao ne doit pas être l’Arlésienne toujours annoncée mais jamais arrivée. »

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