Musique : Dadju, une affaire de familles

Dadju dans le clip de "Reine". © YouTube/Dadju

Petit frère de Maître Gims, fils de Djuna Djanana, , le crooner de 26 ans s'est fait un prénom en quelques mois en chantant l'amour et les peines de cœur.

« Je ne serai pas là sans ma famille… Celle dans laquelle je suis né, mais aussi celle que j’ai choisie, mon équipe, mes amis. » Assis en retrait dans un canapé pour la promotion de son premier album solo, Gentleman 2.0, devenu disque d’or en seulement deux semaines, Dadju s’exprime avec une douceur et une humilité que l’on rencontre rarement à ce niveau dans le milieu du show business. Comme s’il s’excusait un peu d’être là. Comme s’il lui fallait encore s’effacer derrière d’autres pour justifier son talent.

Dadju Djuna Nsungula, de son vrai nom, n’est pas né sous une bonne étoile, mais une constellation de stars. Son père d’origine congolaise, Djuna Djanana, avec lequel il vit en banlieue parisienne jusqu’à ses 9 ans, est un ténor de la rumba. « Il a chanté avec Papa Wemba, précise-t-il. C’était aussi un ami de Koffi Olomidé, de Werrason, de JB Mpiana… Leurs disques tournaient en boucle chez moi. » Issu d’une fratrie de quinze enfants, qui compte plusieurs chanteurs, le jeune homme d’aujourd’hui 26 ans grandit surtout dans l’ombre d’un certain Maître Gims, de cinq ans son aîné.

C’est à force de l’accompagner en studio qu’il se décide « par accident » à faire carrière dans la musique. D’abord dans le duo The Shin Sekaï (avec Abou Tall) signé sur le label de Wati B, le même que son frère qui bombarde les ondes de hits avec Sexion d’Assaut. Puis en solo à partir de 2016.

Gentleman cambrioleur

En quelques sons, d’abord partagés sur son Facebook, puis sur Instagram et Youtube, l’artiste précise son créneau de gentleman prêt à entrer par effraction dans le cœur des demoiselles. Le succès phénomène du single « Reine » (aujourd’hui plus de 52 millions de vues sur Youtube) le convainc qu’il ne s’est pas trompé. Le joli garçon devient un boys band à lui tout seul, qui chante l’amour, ses joies et ses pannes, à un public très féminin.

« C’est étonnant car au départ je m’adressais surtout aux hommes, avoue le crooner à la voix suave. Je voulais leur donner des conseils sur la manière de se comporter avec les femmes. Et puis je me suis rendu compte que j’avais surtout du succès auprès des jeunes filles, mais aussi un public plus mature, des dames de 45, 50 ans. »

Un stock de 260 sons

À l’entendre entonner a cappella ses titres phares pour les besoins de la promo, on a peine à croire qu’il est autodidacte. L’entourage familial a sans doute compté, encore, avec, en plus des figures masculines à voix et aux disques d’or, une mère fan de musique religieuse. « J’ai grandi avec des rappeurs, j’ai une certaine crédibilité de ce côté-là, on peut faire des sons ensemble sans que ce soit la honte », sourit l’artiste qui prétend avoir 260 sons en réserve (« avec au moins un refrain à chaque fois », souligne-t-il) pour de futurs albums.

Son album, un peu inégal il faut l’avouer, contient déjà 19 titres et pas moins de 8 featurings, dont Niska, Fally Ipupa et évidemment Maître Gims. Parmi eux, également Franglish et S.Pri Noir, deux artistes qui font partie de la famille de cœur du chanteur : « On sort, on fait du sport, on est constamment sur WhatsApp… On fait tout ensemble. »

Et puis il y a encore une autre famille. Celle dont il parle en introduction de son album et qu’on aperçoit dans la vidéo YouTube qui accompagne le titre : la femme qu’il a épousée et qui lui a donné une fille en octobre dernier. Il raconte qu’il berce la petite sur une chanson intitulée « Papa », qu’il n’a pas encore enregistrée : « Y a rien à manger / Tu m’as laissé tomber / T’as dit que tu reviendrais / Mais t’es jamais rentré / Papa, t’es où / Papa, maman pleure / Papa… » On espère qu’il réussit à la calmer avec de telles paroles… Et l’on se demande aussi si la chanson ne dit pas cette faille que Dadju cherche à combler en se lançant à son tour dans la musique, en assurant de nombreuses dates en Afrique (Kinshasa, Brazzaville, Bamako, Abidjan…). Bref, en mettant ses baskets dans les pas de son père.

Peut-être pour être reconnu, peut-être pour se prouver qu’il peut faire mieux, en traçant dans son album de gentleman les contours d’un mari idéal, amoureux éperdu et respectueux. Dadju, qui a longtemps été le petit frère, le fils, est devenu le père.

Gentleman 2.0, Dadju, Universal, 12,99 euros. Tournée française puis africaine prévue à partir d’avril 2018.

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