Afrique du Sud : Jacob Zuma quitte la tête de l’ANC en déplorant son déclin

Par AFP

Le président sud-africain Jacob Zuma a conclu samedi son règne très controversé de dix ans à la tête du Congrès national africain (ANC) en déplorant le déclin et les divisions du parti au pouvoir depuis 1994, qui s'apprête à choisir son successeur. © © AFP / WIKUS DE WET

Le très controversé président sud-africain Jacob Zuma a ouvert samedi la réunion du Congrès national africain (ANC) qui doit élire son successeur en déplorant les divisions et le déclin de son parti au pouvoir depuis la fin de l'apartheid en 1994.

Devant des milliers de délégués réunis à Johannesburg, Jacob Zuma a prononcé le 16 décembre son dernier discours de chef de l’ANC sur un constat d’échec, concédant que la population n’était « pas satisfaite » de ses résultats sur la corruption, la criminalité et l’emploi.

« Notre échec à régler les problèmes a commencé à peser sur notre mouvement, a-t-il ajouté, notre peuple est frustré quand nous perdons du temps à nous quereller entre nous plutôt que de résoudre les défis quotidiens auxquels il est confronté. »

Lors de son intervention rarement applaudie, M. Zuma s’en est pris à tous ceux qui dénoncent violemment depuis des mois la corruption de son gouvernement, notamment les juges, les médias ou la société civile. Mais il s’est gardé de prendre ouvertement parti pour l’un ou l’autre des candidats à sa succession et a appelé ses différentes tendances à rester « unies comme un roc ».

J’ai fait de mon mieux

« J’ai fait de mon mieux, a-t-il plaidé avant de quitter la tribune, je suis convaincu que l’ANC va traverser les courants et les tempêtes pour en ressortir encore plus puissant ».

Son intervention a été diversement apprécié par les militants. « C’était un très bon discours centré sur l’unité du parti », s’est réjoui l’un d’eux, Isaac Tshukudu. « Il n’a pas caché les problèmes mais il n’a rien dit de la corruption dans le secteur public, il n’a évoqué que celle du secteur privé », a en revanche regretté Griffiths Mzizi.

S’il quitte la direction du parti qu’il occupe depuis 2007, Jacob Zuma doit rester président de l’Afrique du Sud jusqu’aux élections générales prévues dans deux ans. Le vainqueur – qui devrait être désigné ce dimanche – se retrouvera en bonne position pour devenir le prochain chef de l’État.

Duel au sommet

Au terme de plusieurs mois d’une campagne très serrée qui a déchiré le parti, la course à sa succession a pris les allures d’un duel au couteau entre l’actuel vice-président Cyril Ramaphosa et l’ex-épouse du chef de l’État, Nkosazana Dlamini Zuma.

L’ANC domine la vie politique sud-africaine depuis la chute de l’apartheid et l’arrivée au pouvoir de Nelson Mandela à l’issue des premières élections libres de l’histoire du pays en 1994. Mais il est aujourd’hui en sérieuse perte de vitesse, affaibli par une crise économique persistante caractérisée par un taux de chômage record de plus de 27 % et les multiples accusations de corruption qui visent Jacob Zuma.

La frustration de millions de Sud-Africains noirs – laissés pour compte de la nation Arc-en-ciel – est telle que l’ANC pourrait perdre en 2019 sa majorité absolue. Le parti a subi l’an dernier un revers électoral retentissant en perdant le contrôle de villes telles que Johannesburg et Pretoria.

À 65 ans, Cyril Ramaphosa, ancien syndicaliste reconverti en richissime homme d’affaires, est soutenu par l’aile modérée du parti et très apprécié des marchés. Pendant sa campagne, il a promis de relancer l’économie et violemment dénoncé la corruption du clan Zuma.

Face à lui, l’ancienne ministre et patronne de l’Union africaine (UA) Nkosazana Dlamini Zuma, 68 ans, insiste sur la « transformation radicale de l’économie » au profit de la majorité noire, un thème très cher à Jacob Zuma.

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