Cameroun : plusieurs morts lors d’une opération de l’armée dans une localité du sud-ouest anglophone

Par Jeune Afrique avec AFP

Des militaires camerounais. © Rebecca Blackwell BLACKWELL/AP/SIPA

Aucun scénario de l'attaque ni bilan officiel n'ont été communiqués à l'issue de cette intervention de l'armée dans la zone anglophone du Cameroun, en crise depuis plus d'un an.

La zone anglophone du Cameroun n’en finit plus de s’enliser dans la crise. Alors que les violences entre militaires et sécessionnistes présumés se sont multipliées ces dernières semaines, l’armée camerounaise a mené, jeudi 14 décembre, une opération contre des séparatistes présumés dans une localité du sud-ouest anglophone.

Le bilan n’est pour l’instant pas connu mais des sources sécuritaires font état de plusieurs « morts » chez les assaillants, sans donner plus de précisions.

Selon un responsable sécuritaire « l’armée a repoussé l’attaque » d’un groupe sécessionniste dans la « localité de Mamfé, épicentre de la crise anglophone ». Personne n’a pour l’instant revendiqué l’assaut et le flou demeure sur l’identité des assaillants.

Importante saisie

La presse camerounaise fait état d’hommes « qui seraient venus d’un pays voisin et qui auraient tenté de prendre contrôle du département de la Manyu ce jeudi ». Les médias locaux parlent également de combats dans le village de Dadi entre des éléments du Bataillon d’intervention rapide (BIR) et des activistes anglophones.

Citant un bilan des sources de gendarmerie dans la zone, cette même presse raconte que l’assaut a donné lieu à la saisie d’un fusil à pompe et 26 fusils de chasse, de munitions, de divers équipements, d’un ordinateur et de 20 téléphones portables, de même que 71 tee-shirts noirs floqués Ambazonia Defense Force (ADF, séparatistes armés).

Vendredi matin les médias locaux ont diffusé des photos de militaires camerounais posant devant les fusils et les matériels saisis dans le village de Dadi, où a été hissé le drapeau national camerounais. Aucun cliché des assaillants que l’armée affirme avoir tués n’a cependant été jusqu’à présent diffusé.

La presse affirmait également que c’est précisément à Dadi qu’aurait été tournée il y a quelques semaines une vidéo d’un « général » sécessionniste, Ayaba Cho Lucas, « chef d’état-major » de l’ADF, passant en revue ses troupes, une poignée d’hommes en treillis, au beau milieu d’un village aux pistes de latérite.

Mamfé, épicentre de la crise

Il n’était pas possible vendredi de déterminer si les militaires camerounais sont intervenus pour effectivement repousser – comme ils l’affirment – une attaque sécessionniste, ou pour déloger les séparatistes d’une zone qu’il contrôlaient depuis plusieurs jours. Dans la nuit de lundi à mardi, un violent incendie avait partiellement détruit le marché de la localité.

La zone de Mamfé, capitale de la Manyu, dans la province du sud-ouest, est devenue ces dernières semaines l’épicentre des violences entre les forces de sécurité gouvernementales et des « assaillants » que le gouvernement affirme être des « sécessionnistes ».

Dix membres des forces de sécurité camerounaise ont été tués en moins d’un mois, symbole d’une crise qui se dégrade au fil des semaines. La sécurité dans la région, en proie à une grave crise socio-politique depuis un an, continue de s’aggraver.

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