Coup de pouce de l’ONU à la force naissante G5-Sahel

Par AFP

Réunion du Conseil de sécurité des Nations unies le 29 novembre 2017. © Mary Altaffer/AP/SIPA

Le Conseil de sécurité a adopté vendredi à l'unanimité une résolution autorisant les Casques bleus de la force de l'ONU déployée au Mali à apporter un soutien logistique et opérationnel à la force antijihadiste naissante G5-Sahel.

La résolution, rédigée par la France, a fait l’objet d’une négociation ardue avec les Etats-Unis opposés pendant longtemps à toute implication de l’ONU dans cette force opérée par le Mali, le Burkina Faso, le Tchad, la Mauritanie et le Niger.

« Un dialogue franc et constructif »

« Le dialogue a été franc, constructif et je crois productif » tout au long de la négociation avec l’ambassadrice américaine Nikki Haley, a déclaré le représentant diplomatique français à l’ONU, François Delattre. La diplomate américaine a de son côté évoqué « la créativité » du texte, en soulignant que les Etats-Unis étaient attachés à soutenir les pays africains dans leur combat contre le terrorisme.

Le soutien de la Minusma de l’ONU s’exercera dans les domaines de l’évacuation médicale, du ravitaillement en carburant, en eau et en rations alimentaires. Les Casques bleus pourront aussi mettre à disposition de la force G5-Sahel leurs unités d’ingénierie lors de l’établissement de camps de base des unités antijihadistes.

Objectif : 5 000 soldats

La force transfrontalière G5-Sahel vient de débuter ses premières opérations sur le terrain. Disposant d’états-majors dans différents pays, elle doit comprendre à terme, c’est-à-dire au début du printemps, 5 000 hommes.

Récemment, le président français Emmanuel Macron a jugé que la mise en place de cette force « n’avançait pas assez vite ». Il a convoqué une réunion internationale à Paris le 13 décembre pour « accélérer (son) déploiement ».

Dans sa résolution, le Conseil de sécurité la France demande au secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, de conclure « au plus vite » un « accord technique entre l’ONU et les Etats du G5-Sahel pour fournir un soutien logistique et opérationnel via la Minusma » à cette nouvelle unité militaire africaine. Tous les six mois, un rapport de l’ONU sera aussi prévu sur la coordination de la force G5-Sahel avec la Minusma.

La force de paix de l’ONU déployée au Mali compte quelque 10 000 Casques bleus.

Le Sahel : « une menace pour la paix »

La résolution souligne que « les activités d’organisations criminelles et terroristes dans la région du Sahel constituent une menace à la paix et la sécurité internationales ».

Pour vaincre les réticences des Etats-Unis à une implication de l’ONU dans la nouvelle force africaine alors que Washington cherche à réduire les dépenses de l’organisation internationale, un « mécanisme de financement coordonné par l’Union européenne » est prévu dans la résolution. L’ONU sera par ce biais remboursée de toutes les dépenses engagées au profit de la force G5-Sahel.

Cette contribution logistique et opérationnelle de l’ONU n’interviendra que lorsque la force G5-Sahel se trouvera sur le territoire malien. Et à condition qu’elle ne porte pas préjudice à la mission des Casques bleus, souligne le texte.

Un financement toujours pas bouclé

A ce jour, le financement de la force G5-Sahel n’est pas assuré. Il est estimé à 250 millions d’euros pour ses débuts et à « 400 millions à plein exercice » au printemps 2018, selon Paris.

L’Union européenne a promis 50 millions d’euros, la France 8 millions (surtout en matériels), chacun des cinq pays fondateurs 10 millions, et l’Arabie Saoudite 100 millions. Les Etats-Unis ont promis aux cinq pays membres de la force une aide bilatérale de 60 millions de dollars.

La résolution adoptée vendredi est la deuxième de l’ONU consacrée à la force G5-Sahel. Un premier texte a minima pour cause d’opposition américaine, adopté en juin, s’était borné à apporter un premier soutien politique à cette nouvelle force, créée à l’initiative de la France.

Avec le nouveau texte, « on rajoute un petit étage », se félicite-t-on à Paris. A l’origine du lancement de la force au début de l’été, les Etats-Unis refusaient toute résolution sur le sujet, ajoute-t-on de même source, sans pouvoir dire si la mort récente de militaires américains au Niger avait favorisé des changements à Washington.

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